Vente du groupe hospitalier mutualiste de Grenoble: Vivalto dévoile son offre, le Collectif des usagers rétorque

Vivalto, troisième acteur de l'hospitalisation privée en France et candidat au rachat du groupe hospitalier mutualiste (GHM) de Grenoble, a dévoilé ce jeudi 4 juin son offre de reprise, et assuré "qu'il n'envisageait aucune réduction d'effectif". "Une vaste blague" rétorque le Collectif des usagers

En 60 ans d'existence, le GHM, établissement privé mais non-lucratif, était devenu le deuxième acteur de santé isérois
En 60 ans d'existence, le GHM, établissement privé mais non-lucratif, était devenu le deuxième acteur de santé isérois © France 3 Alpes

Dans un entretien accordé au Dauphiné Libéré, Daniel Caille, le PDG du groupe, explique avoir été "enthousiasmé" par "les contacts établis avec l'équipe" du GHM, en qui il voit la "pièce centrale d'une coopération entre médecine libérale et privée" et une "passerelle post-Covid entre ces secteurs".

 Il souligne que pour "rétablir l'équilibre" fragile des finances du GHM, Vivalto entend "valoriser le potentiel de développement" de la clinique et "donner confiance aux médecins pour qu'ils développent leur patientèle".

 "Nous rentrerons dans un modèle de société coopérative d'intérêt collectif", précise M. Caille. Il rappelle que "ce modèle de gouvernance partagée", qui est "dans [les] gènes" de Vivalto, "rentre aussi bien dans [son] modèle que dans celui du GHM".

"Nous avons garanti le maintien de la convention qui régit le monde non lucratif et nous respecterons toutes les règles de l'économie sociale et solidaire. [...] Le GHM a besoin de son indépendance et de son intégrité. Il ne faut pas confondre collaboration et annexion", ajoute-t-il.

Vivalto est l'un des trois repreneurs potentiels

Le groupe est l'un des trois repreneurs potentiels - avec le groupe Doctegestio et l'association de centres de dialyse AGDUC - dont la candidature a été retenue en février par Adrea Mutuelle, l'actionnaire majoritaire du GHM.

Depuis l'officialisation de la vente en septembre 2019 par Adrea, un collectif de salariés et d'usagers, soutenus par les collectivités locales, craignent que le second acteur sanitaire du bassin grenoblois soit cédé au privé.

 Le collectif des usagers du GHM a qualifié de "vaste blague" les propos du PDG de Vivalto qui "voudrait faire croire qu'il sera le défenseur d'une santé pour tous, le chantre du non lucratif".

Pas question de faire entrer le loup dans la bergerie"

 "Nous ne ferons pas entrer le loup dans la bergerie", a promis le collectif, estimant que Vivalto, "qui a racheté en 10 ans une quarantaine d'établissements", est "un concurrent du service public hospitalier et non un partenaire".

Le groupe aux 39 établissements de santé revendique sur son site un chiffre d'affaires de 600 millions d'euros et un "partenariat médical et capitalistique regroupant les praticiens du groupe et des investisseurs financiers" (CDC International, le fonds souverain d'Abou Dhabi Mubadala, BNP Paribas Developpement, etc.)

La semaine dernière, le CHU Grenoble-Alpes (Chuga) avait annoncé rejoindre la candidature de l'AGDUC dans le cadre d'un "partenariat 50-50" qui conserverait l'emploi dans les six établissements du GHM et son statut d'Établissement de santé privé d'intérêt collectif (Espic).

 Le CHU grenoblois avait été un temps été pressenti pour s'associer à Vivalto.

          

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé économie