VIDEO. Isère : en montagne, le parachutisme en vol libre a plus que jamais le vent en poupe

Est-ce l'effet du confinement? Cet été de plus en plus de vacanciers cherchent à sortir des sentiers battus et le Centre Ecole de Parachutisme de Grenoble fait carton plein, souvent pour des... premiers sauts.

Pour Paul et Claire, sa fille, c'est la toute première fois
Pour Paul et Claire, sa fille, c'est la toute première fois © Images aériennes : Frédéric Nowak/ Marine Delpierre
L'effet confinement y est sans doute, même inconsciemment, pour quelque chose. Confinés, comme en cage, les humains étaient nombreux à se rêver "voler comme des oiseaux".

Les Alpes ont une réputation internationale en matière de vol libre. Chaque année en été, au Centre Ecole de Parachutisme de Grenoble installé à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs en Isère, les instructeurs ont déjà fort à faire, mais en ce mois de juillet, ils ont noté un phénomème nouveau. Les amateurs sont plus nombreux, tenaillés par l'envie de quitter la terre ferme. Ils ont choisi de faire un saut en parachute, de la chute libre en tandem, une façon de se sentir enfin libres et d'appréhender la planète de tout là-haut dans les nuages.

Comme Claire et Pascal. Le père a offert ce vol à sa fille pour son anniversaire. Ils en avaient parlé il y a déjà deux ans, le temps que Claire "se prépare à l'idée". Ce 8 juillet, les y voilà et Claire "ne se sent toujours pas très prête". Pourtant, pas question pour la jeune femme de faire marche arrière.

Pour Pascal aussi, c'est une première, et le papa aussi est un peu fébrile. "C'est normal qu'ils aient un peu d'appréhension, on les rassure et les apaise, de toute façon, on n'arrive jamais ici par hasard, on a forcément fait déjà le chemin dans sa tête, ils sont prêts " commente Bernard Merg, instructeur au Centre de l' Ecole de Parachutisme avec plus de 7000 sauts à son actif.
Pascal, le sourire un brin crispé, mais confiant
Pascal, le sourire un brin crispé, mais confiant © France 3 Alpes
Entourés, conseillés par des professionnels depuis leur arrivé au club, Claire et Pascal connaissent leur vol sur le bout des doigts, enfin... en théorie.

A l'heure du dernier contact avec le plancher des vaches pour rejoindre l'avion, qui les emmènera dans le ciel, à 4000 mètres d'altitude, ils ont le coeur un brin noué. Ils vont enfin... savoir.
Claire, concentrée, réalise manifestement ce qui l'attend
Claire, concentrée, réalise manifestement ce qui l'attend © Images aériennes : Frédéric Nowak/ Marine Delpierre
50 secondes de chute libre, 50 secondes d'émotions en "mode démultiplié", 50 secondes à 200km par heure, 50 secondes... Ils ne sont déjà plus qu'à 1500 mètres d'altitude et hop, l'instructeur ouvre la voile !  De retour sur la terre ferme, les mots leur manquent. Ils sont un peu étourdis, fascinés aussi. "On a vu le Mont-Blanc, le saut m'a un peu coupé le souffle, mais j'ai très vite fait ce qu'on m'a conseillé, se concentrer sur la respiration, ne pas lutter et se laisser doucement flotter et là, on en profite vraiment et c'est grandiose". Alors prête pour un autre saut ? "Ah oui, pourquoi pas, mais pas tout de suite, je vais déjà revivre et savourer ce tout premier saut-là".

Pascal aussi est encore un peu ailleurs et ravi : "le vent, j'ai encore la musique du vent dans les oreilles, c'est une sensation incroyable, j'ai eu un peu peur une fois les jambes dans le vide, c'est pas vraiment naturel, puis je me suis laissé aller, c'est presque passé trop vite".

Bref, ces deux-là n'ont pas fini de revivre cette première expérience inédite vécue ensemble, d'autant qu'ils repartent avec la vidéo de leur saut, tournée par les instructeurs du Club. De quoi revivre encore ces émotions si particulières. Pas sûr qu'ils n'en rêvent pas aussi la nuit, pendant longtemps.

 

Des mesures sanitaires anti-Covid 19 très strictes


Comme toutes les autres structures sportives, le Club a subi le confiment et n'a pu rouvrir ses portes qu'à la mi-juin. Le Centre Ecole de Parachutisme de Grenoble doit accueillir à la fin du mois, les 29 et 30 août, un week-end spécial Filles avant de recevoir les 5 et 6 septembre la Coupe de la Ligue de vol relatif et de Free Fly

Un protocole sanitaire a été mis en place afin que la reprise se passe dans les meilleures conditions pour tous, adhérents comme équipe technique. "Nous serons très vigilants dans la manière dont elle sera respectée" indiquent les responsables.

Dès la reprise des activités, les pratiquants étaient invités à remplir un questionnaire sur leur état de santé et à passer un test de température.

Il a fallu modifier le fonctionnement et la désinfection de tous les équipements : les hangars, les locaux d’accueil communs, les salles de pliage, les salles de cours, matériels et équipements spécifiques, les moyens aériens, les avions, la restauration, l’hébergement, etc... Plus question d'accéder à la machine à café ou au frigidaire.

Obligation de venir avec son propre masque, si possible son propre stylo, avec une tenue de saut appropriée et un tour de cou pour les sautants avec casque ouvert.

S'il est possible de louer un parachute, il ne pourra être utilisé que par un seul sautant par jour et pour un minimum de trois sauts. Après utilisation, chaque sac est désinfecté puis isolé pour 48h le rendant impropre à une nouvelle location.

Des référents COVID 19 ont été désignés chez les instructeurs et une Charte très précise a été élaborée, que vous pouvez consulter ICI.

 

A bord du SKYVAN, dans la peau des héros de  "Mission impossible"


En guise de pied de nez au Covid, qui a tout de même sérieusement coupé les ailes de la saison, le club a choisi "une cerise sur le gâteau" : du 28 août au 6 septembre, il hébergera le mythique avion SKYVAN, toujours utilisé par les forces militaires, pour l'entraînement des soldats aux sauts en parachute.

Le SKYVAN, même les néophytes l'ont déjà croisé... Souvenez-vous, Tom Cruise, dans Mission Impossible.
Mission impossible
C'était en ... 2018. Eh bien, les amateurs pourront se mettre dans la peau du héros, enfin presque... L'avion, d'une capacité de 30 "sautants", offre toutes les 30 minutes, par la tranche arrière, le grand saut dans les nuages. Toutes les informations sont à retrouver sur la page Facebook du club.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
montagne sport loisirs coronavirus/covid-19 parachutisme