Instituteur pédophile en Isère : la justice rejette le nouveau recours d'une victime

La cour d'appel de Grenoble a rejeté, mardi, le supplément d'information demandé par une victime de Romain Farina. Enseignant en Isère, il aurait abusé sexuellement et violé des dizaines d'enfants durant plusieurs années.

La justice rejette un supplément d'information réclamé par une victime dans l'affaire Farina en Isère.
La justice rejette un supplément d'information réclamé par une victime dans l'affaire Farina en Isère. © France 3 Alpes
Il était poursuivi pour des suspicions d'abus sexuels et de viols sur une cinquantaine d'enfants entre 2003 et 2014. Romain Farina, ancien instituteur en Isère, s'est suicidé dans sa cellule en 2016, mais l'affaire se poursuit encore aujourd'hui.

Mardi 26 mai, la justice a rejeté le supplément d'information demandé par une victime, a annoncé mercredi Me Hervé Gerbi, son avocat. Dans son arrêt, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Grenoble a considéré que ce recours était "sans lien direct avec l'affaire", explique l'avocat grenoblois. Il avait saisi la juridiction iséroise en mars 2019 pour faire lever des "incertitudes" sur les opérations techniques, jugées "incomplètes", sur le matériel informatique de Romain Farina.

 

"Manquements graves"


En parallèle, Me Gerbi avait également saisi le parquet général de Grenoble pour des "manquements" consécutifs à la condamnation de l'enseignant en 2008 pour détention d'images pédopornographiques. L'avocat considère que cette condamnation aurait dû être mentionnée par le parquet de Bourgoin-Jallieu sur le fichier des délinquants sexuels pour que l'Éducation nationale en soit informée.
 
Suite à cette seconde plainte, le parquet de Bourgoin-Jallieu avait été dessaisi au profit de celui de Valence, qui l'avait classée sans suites en décembre 2019. L'avocat considère que la décision de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Grenoble ouvre une "nouvelle étape judiciaire" pour la partie civile, qui fait face selon lui à une "institution judiciaire se (désintéressant) des manquements graves de sa propre administration et de celle de l'Éducation nationale".

"Il paraît complètement impensable qu'on ne comprenne pas comment on a pu laisser cet homme poursuivre sa carrière avec un signalement [en 2001] et une condamnation pénale. Ces faits à caractère sexuel auraient dû être signalés", a-t-il réagi.

 

Nouvelle plainte


Il entend déposer une nouvelle plainte contre X avec constitution de partie civile pour "blessures involontaires" devant le doyen des juges d'instruction de Valence. Cette plainte visera à nouveau les manquements reprochés au parquet de Bourgoin-Jallieu et à l'Éducation nationale.

Romain Farina aurait abusé sexuellement et violé des dizaines d'enfants durant plusieurs années lors "d'ateliers du goût" qu'il organisait dans sa classe, au fil de ses affectations dans des écoles de Vénissieux (Rhône), des Avenières, de Saint-Clair-de-la-Tour puis de Villefontaine en Isère.

Il avait été mis en examen et écroué en mars 2015 avant de se suicider dans sa cellule un an plus tard. La justice avait rendu une ordonnance de non-lieu en raison de l'extinction de l'action publique. En juin 2019, sept autres familles d'élèves victimes de instituteur avaient déjà déposé plainte contre l'Éducation nationale pour "non assistance à personne en danger et mise en danger de la vie d'autrui".

 
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