Isère : l'élève exclue de son lycée après une agression sexuelle présumée va réintégrer son établissement

Publié le
Écrit par Antoine Belhassen

Une jeune fille, renvoyée après avoir dénoncé une agression sexuelle présumée de la part d'un professeur d'EPS, devrait réintégrer son établissement de Moirans (Isère) à l'occasion de la rentrée, lundi 3 janvier.

Près d'un mois après son renvoi, la jeune Ninon pourra réintégrer son lycée Pierre Beghin, situé à Moirans (Isère), à l'occasion de la rentrée, lundi 3 janvier. Cette élève de 1ère avait été exclue de l'établissement après avoir dénoncé, sur les réseaux sociaux, une agression sexuelle présumée de la part d'un professeur d'EPS sur une de ses camarades, le 21 octobre dernier.

Dans une story Instagram, l'adolescente aurait tenu des propos diffamatoires à l'encontre de l'enseignant. Ce qui lui a valu son renvoi suite à un conseil de discipline. Des manifestations de lycéens avaient alors eu lieu, dans son lycée, pour exiger son retour en classe.

Les revendications des élèves avaient été reçues par l'Académie de Grenoble : une enquête administrative avait été ouverte pour faire la lumière sur les actes supposés du professeur d'EPS. Celui-ci fait également l'objet d'une enquête juridique, après trois plaintes déposées, par des familles d'élève, pour agression sexuelle, informe Me Michèle Girot-Marc, l'avocate de Ninon et de ses parents.

Une exclusion avec sursis

Ce vendredi, jour de réveillon de Noël, la jeune Ninon a appris du rectorat que son exclusion avait été revue, en appel, à une exclusion avec sursis. "Elle va donc pouvoir reprendre les cours lundi 3 janvier pour la rentrée. L'exclusion sera non avenue s'il n'y a pas de nouveaux faits de même nature ou propice à une exclusion de sa part", explique l'avocate au barreau de Grenoble.

Elle devra rattraper son retard de ces dernières semaines et préparer au mieux son bac de français, en fin d'année.

Me Michèle Girot-Marc.

"Je pense que la rectrice a fait la part des choses. En tout état de cause, nous avions affaire à une injustice. La sanction était disproportionnée", poursuit Me Girot-Marc. Elle continue : "Lors de son audition, Ninon s'est excusée à plusieurs reprises. Elle a compris qu'on ne pouvait pas dire tout et n'importe quoi sur les réseaux sociaux et qu'il faut respecter la présomption d'innocence."

"C'est une élève brillante, une exclusion aurait eu des conséquences importantes sur sa scolarité. Elle va désormais pouvoir revenir en cours. Elle devra rattraper son retard de ces dernières semaines et préparer au mieux son bac de français, en fin d'année", conclut l'avocate.