Isère : une pétition en soutien au buraliste mis en cause pour avoir tiré sur un cambrioleur

François Mermet, buraliste à Montrevel (Isère), a été mis en examen pour "violences aggravées" après avoir tiré en direction d'un individu venu le cambrioler. Une pétition, signée plus de 30 000 fois, a été lancée pour le soutenir.

Mis en examen pour violence aggravée lors d'une tentative de cambriolage, un buraliste de Montrevel (Isère) et son épouse jettent l'éponge.
Mis en examen pour violence aggravée lors d'une tentative de cambriolage, un buraliste de Montrevel (Isère) et son épouse jettent l'éponge. © Damien Borrelly / France 3 Alpes

L'affaire n'en finit pas de faire des remous en Nord-Isère. Dans la nuit du 25 au 26 mai, un buraliste de Montrevel tire en l'air à plusieurs reprises après avoir aperçu, dans la pénombre, des individus venus cambrioler son commerce. L'un d'eux a été touché dans le dos et François Mermet est depuis mis en examen pour "violences aggravées". Des commerçants du secteur lui ont apporté leur soutien. Une pétition en ligne a par ailleurs été lancée, elle cumule près de 34 000 signatures ce jeudi 11 juin. 

Les pétitionnaires considèrent que François Mermet "n’est pas un criminel : c'est la victime". Ils demandent ainsi que "le buraliste puisse être reconnu comme victime et pas traité comme un criminel ; et que la présomption de légitime défense soit appliquée plus largement lors des attaques à domicile, comme les cambriolages".

La pétition qui circule chez les commerçants du village - différente de la version mise en ligne - a reçu le soutien de Jacques Gerbault, président du groupement des entreprises du canton de la Tour-du-Pin (GECT), qui regroupe 150 sociétés. M. Gerbault appelle "tous ses collègues commerçants et artisans à signer par solidarité les pétitions distribuées dans chaque boutique de la ville centre et des 16 autres communes".

"Il s'agit pour Jacques Gerbault d'encourager chaque citoyen à témoigner de sa compassion à l'égard de ses collègues traumatisés par ce qu'ils ont vécu, la peur au ventre", peut-on lire dans un communiqué du GECT. Et, souligne la pétition, "cette tragédie annonce la mort sociale du village. Ce bar-tabac était le seul commerce de Montrevel, sur la route de Grenoble."

 

Mort du dernier commerce de Montrevel

 

Le couple de buralistes s'est résolu à mettre la clef sous la porte après ce cambriolage, le sixième en quelques années. Traumatisée, Chantal n'imagine pas rouvrir son bar-tabac : "Trop de soucis, trop de craintes".

L'avocat du buraliste, Me Fabien Rajon, plaide "la panique. La panique de Monsieur Mermet, la panique de Madame Mermet qui sont effrayés en pleine nuit alors que leur commerce est attaqué (...) Quel était l'état d'esprit de Monsieur Mermet au moment des faits ? C'était tout simplement la peur. Et c'est la peur qui va le conduire à tirer à trois reprises en l'air, sans vouloir viser les malfaiteurs."

De nombreux commerçants et habitants ont déjà témoigné leur soutien aux époux Mermet. "C'est le seul commerce de notre village, c'est un lieu de rencontre très important et ce sont des amis, des gens que j'ai retrouvé dévastés", s'est émue Jocelyne Laurent, une habitante de Montrevel. Le commerce fermera une fois son stock épuisé. Pourtant, au moment du déconfinement, les Mermet attendaient avec impatience la réouverture de leur commerce. Ce énième cambriolage en aura décidé autrement.

 

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