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Menaces d'attaque contre Macron : un retraité isérois “patriote” déterminé au coeur de l'enquête

Le village de Saint-Georges-de-Commiers, en Isère d'où est originaire le principal suspect / © Céline Aubert - France 3 Alpes
Le village de Saint-Georges-de-Commiers, en Isère d'où est originaire le principal suspect / © Céline Aubert - France 3 Alpes

A coup de messages enflammés sur Facebook, il voulait recruter massivement de "vrais patriotes" pour défendre le pays contre la politique d'Emmanuel Macron. Un retraité de 62 ans est au coeur de l'enquête sur des menaces d'attaque contre le président.

Par MN avec AFP

La page Facebook personnelle de Jean-Pierre Bouyer s'ouvre sur un photomontage montrant une Jeanne d'Arc, épée à la main, sous les traits de l'ex-députée FN Marion Maréchal. En préambule, il indique: "mon défaut: être français ; mon combat: la liberté, la justice".

Après l'arrestation mardi d'un groupe de sympathisants des thèses de l'ultra-droite, l'enquête doit encore cerner la personnalité et les réelles motivations de ce suspect au centre d'un projet d'action violente contre le président Macron.

"Il semble que le président de la République était pour eux une cible potentielle, même si le projet n'était pas abouti", a déclaré au JDD le secrétaire d'État à l'Intérieur et ex-n°1 de la DGSI Laurent Nunez.

Les enquêteurs se sont décidés à intervenir après avoir eu vent du déplacement de ce retraité isérois en Moselle où Emmanuel Macron se trouvait pour son périple mémoriel sur le centenaire de la fin de la Grande Guerre. Il est désormais écroué.

Cet homme adhérait à un groupe identitaire, Les Barjols, dont il administrait pour l'Isère la page Facebook, vecteur de ses appels enflammés aux accents de sédition: "nous sommes 67,2 millions d'habitants (...) hoooooo !!!! Réveillez-vous (...) je vous laisse méditer car nous réfléchissons à une opération coup de poing", écrit-il en avril.

Nouvel appel le 3 septembre: "Je cherche des patriotes, des vrais, pas des figurants, mais des personnes qui désirent donner d'eux-mêmes pour ce pays".

Lors de son arrestation, cet ancien négociant en bois, marié et père de deux enfants, avait un poignard sur lui.

Contactée, son épouse se dit "stupéfaite". "J'essaie de réfléchir, je ne comprends pas", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Interviewé sur la menace venue de l'ultra-droite, M. Nunez décrit "des personnes pas toujours connues pour leur appartenance aux mouvances extrémistes, qui considèrent que les pouvoirs publics n'en font pas assez contre la menace islamiste et créent des milices d'autodéfense pour être prêts +au cas où+". Les suspects ciblés mardi "relèvent de cette catégorie".

"Il a la tête sur les épaules", défend auprès de l'AFP Denis Collinet, le président-fondateur du groupe Les Barjols, au sujet de son "ami" et ex-"bras-droit".

Cet habitant de Bar-le-Duc et Jean-Pierre Bouyer, très impliqués dans la fronde contre la hausse du carburant, devaient se voir pour la journée de blocage des routes prévue le 17 novembre. "Il était convaincu que ça allait être positif (...) Je ne peux pas penser qu'il ait pu imaginer cela (une attaque)", assure M. Collinet.

C'est en juin 2017, après l'élection du président Macron, qu'il a créé ce groupe "patriotique" et "surtout apolitique", revendiquant 4.770 membres dans toute la France, notamment des personnes d'"un certain âge qui ont vécu la vie".

Le groupuscule qui clame comme credo, "l'ACTION c'est la SOLUTION" s'est baptisé "les Barjols" en référence au nom donné aux légionnaires français déployés au Mali, peut-on lire sur Facebook.

Ouvertement hostile aux "directives européennes", à "l'immigration massive" et à "la montée de l'islam", il profère un discours virulent contre les politiques et le président Macron, que M. Collinet qualifie de "marionnette des oligarques". Mais il réfute son appartenance à l'ultra-droite et tout appel à la violence.

"On n'est pas des terroristes (...) C'est sûr qu'il y a de la haine, mais pas au point de passer à la violence", affirme-t-il.

Les deux hommes avaient fréquenté un temps un autre groupe les FFU (Forces françaises unifiées), à tendance "para-militaire" et "très désorganisé", selon cet ex-"militant" du Rassemblement national. Son ami s'était engagé lui, pour la canditature présidentielle du chef de file de Debout la France! Nicolas Dupont-Aignan.

M. Collinet en est convaincu: il "est tombé dans un piège pour détruire le mouvement des patriotes". Selon lui, sa présence sur l'itinéraire de Macron ne pouvait qu'être le fruit du "hasard".
           

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