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Saint-Marcellin (Isère) : après la mort d'un cerf, polémique autour du traitement des animaux au parc de Joud

Photo d'illustration. / © Rainer Jensen / dpa / AFP
Photo d'illustration. / © Rainer Jensen / dpa / AFP

Les cervidés du parc de Joud ont été transférés vers une réserve naturelle à Saint-Pierre-de-Bressieux, ce jeudi. Une décision contestée par un collectif d'habitants qui voudrait trouver des solutions pour améliorer le bien-être des animaux sauvages et les voir rester à Saint-Marcellin.

Par M.D.

Le torchon brûle entre la Ville de Saint-Marcellin, en Isère, et un collectif de riverains luttant pour la protection des animaux. Fin mars, la mort d'un cerf au parc de Joud met le feu aux poudres. Le groupe d'habitants "Sauvons nos animaux à Joud" dénonce des "maltraitances" au sein du parc animalier qui auraient conduit au décès de l'animal.

Selon la mairie, la bête qui vivait en captivité serait morte "de stress" après s'être coincé les bois dans une barrière. En cause, d'après les défenseurs des animaux, l'abreuvoir qui se situait trop près du grillage. Le résultat de nouveaux aménagements effectués début 2019, date à laquelle la Ville de Saint-Marcellin a mandaté un nouveau gestionnaire en charge du parc : l'association "l'abeille saint-marcellinoise".
 

Dès lors, le collectif de riverains n'a cessé de dénoncer les changements apportés au lieu de vie des animaux. En première ligne, les nouvelles clôtures qui "les met en danger chaque jour", selon les opposants. C'est dans l'un de ces grillages que le cerf s'était coincé un bois. "Les animaux ont perdu l’accès à leur territoire habituel et vivent parqués dans ces prisons de grillages", dénoncent encore les saint-marcellinois.
 

Thierry Angelier, directeur général des services à Saint-Marcellin, rétorque dans une vidéo que ces aménagements ont été entrepris après une notification des services de l’Etat, estimant "que l’espace dévolu au parc de Joud était insuffisant pour le nombre de cervidés présents". Ils ont également souligné "la complexité de gérer des animaux sauvages".
 

Raison pour laquelle les cervidés ont finalement été transférés au parc de Chambaran à Saint-Pierre-de-Bressieux, ce jeudi 4 avril. "Nous avons surestimé nos capacités à répondre [à cette situation]", reconnaît Thierry Angelier qui défend le déplacement des animaux vers un parc "adapté à leurs besoins". Un transfert nécessaire selon Jean-Michel Revol, maire de Saint Marcellin, car "le nombre de spécimens hébergés était trop important par rapport à la superficie de l'enclos".

Mais le collectif "Sauvons nos animaux à Joud" s'oppose fermement à cette décision de la Ville. "Les biches et les daims viennent d’être transférés au parc naturel de Chambaran où les attend l’inconnu, une dure adaptation et les tirs de régulation des chasseurs", expliquent les riverains du parc, reprochant à la municipalité de ne pas avoir "tenté de trouver une solution pour que les biches et les daims puissent être maintenus".

"Ces propos viennent alimenter la polémique", regrettent les responsables du parc naturel de Chambaran, qui ont accueilli les 9 animaux du parc de Joud. "Il n'y a pas de tirs de régulation des chasseurs. Nous ne sommes pas la réserve de Chambaran. On est un parc privé de 300 hectares, clôturé. Si on a accueilli ces animaux, c'était pour leur sauver la vie".

 

Un point que la mairie assume totalement : "dès l'origine du projet, la décision de ne pas conserver les animaux sauvages a été prise", redit le directeur général des services à Saint-Marcellin. En revanche, lamas, ânes, moutons, chèvres, boucs, canards resteront bien à Joud. Des animaux "dont le nombre et les variétés s’élargiront au fur et à mesure de l’avancée des aménagements", ajoute le premier magistrat qui insiste toutefois sur "le caractère inéluctable" du transfert des animaux sauvages malgré les nombreuses manifestations des habitants et la pétition en ligne qui a recueilli plus d'un millier de signatures.
 

Le collectif "Sauvons nos animaux à Joud" regrette également "des captures dans de mauvaises conditions" ce jeudi lors du transfert des cervidés, publiant des photos d'animaux blessés. Que nenni pour la municipalité qui affirme : "tous les animaux concernés ont été capturés dans les conditions habituelles". Une action "confiée à une entreprise spécialisée et placée sous le contrôle d'un vétérinaire et des services de protection animale de la Préfecture de l'Isère".
 

Mais le collectif d'habitants n'a pas dit son dernier mot. Il continue de faire circuler sa pétition pour recueillir de nouveaux soutiens et organise des manifestations dans l'espoir de revoir un jour des cervidés dans le parc de Joud ,"l’emblème et le poumon" de leur ville.

 

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