“Triple Boucle”, le court-métrage de l'iséroise Maëlla Mickaëlle sur les violences sexuelles dans le sport

Maëlla Mickaëlle / © France 3 Alpes
Maëlla Mickaëlle / © France 3 Alpes

Le court-métrage, que la réalisatrice produit depuis quatre ans, trouve un terrible écho dans l'actualité. Avec ce film, qui raconte le viol d'une jeune patineuse artistique par son entraineur, Maëlla Mickaëlle espère briser l'omerta autour des violences sexuelles dans le sport.

Par TH avec Martin Cauwel et Franck Ceroni

Derrière la caméra pour mieux dénoncer l'univers de la glace. Maëlla Mickaëlle, une jeune artiste iséroise originaire de La Verpillère, est aussi une ancienne patineuse à roulette. Dans son court-métrage Triple Boucle, elle dénonce le harcèlement et le viol dans le sport. Elle n'a jamais été victime d'agression sexuelle, mais connait toute la complexité de la relation avec un entraineur.
 

"L'entraineur prend une place moteur dans la vie d'un jeune sportif, détaille la réalisatrice. Il lui transmet beaucoup de choses. Il y a une sorte de sacralisation de l'entraineur.

Triple Boucle, c'est l'histoire de trois soeurs passionnées de patinage artistique. Un jour, alors que l'ainée participe à une compétition, leur entraineur attire la plus jeune dans les vestiaires et la viole. Un récit tragique imaginé il y a quatre ans, et qui trouve aujourd'hui une terrible résonnance dans l'actualité.
 

Briser l'omerta


"C'est quand même révélateur et révoltant de se rendre compte qu'on a pas su protéger ces jeunes sportifs", s'indigne Maëlla Mickaëlle, en référence à la libération de la parole enclenchée par le témoignage de Sarah Abitbol. Dans son livre Un si long silence, l'ancienne patineuse raconte s'être fait violer par son entraineur Gilles Beyer (appelé Monsieur O. dans le livre) lorsqu'elle avait 15 ans.
 

"Ca éveille une colère en moi, poursuit Maëlla Mickaëlle. Comment on a pu ne pas vouloir ne pas vouloir regarder en face tout ce qui s'est passé dans autant de disciplines différentes ?" Une omerta généralisée qui, selon elle, a pu peser sur la réalisation du projet : "Les financements ont été complexes. A savoir si c'est lié à la thématique abordée... Le film ne s'est pas fait dans les règles d'un financement classique."

Car plusieurs années ont été nécessaires à la finalisation du film, monté avec un budget difficile à boucler et des comédiens amateurs.

Désormais, Maëlla Mickaëlle veut diffuser son film dans les clubs de sport et dans les écoles. Avec comme volonté de sensibiliser les plus jeunes, et de briser les non-dits. Le chemin risque d'être encore long.

Retrouvez la bande annonce de Triple Boucle ici :

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