Italie : test négatif obligatoire à la frontière pour tous les voyageurs, Draghi déclare la guerre à Omicron

Le décret du ministre de la Santé italien obligeant chaque voyageur à présenter un test négatif en plus de son parcours vaccinal a suscité la surprise jusqu'à la Commission européenne. Mais la dernière arme brandie par le président du Conseil Mario Draghi fait partie d'un plan pour prendre de vitesse Omicron.

"Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup à réfléchir sur la question". C'est comme une évidence que, lors d'une conférence de presse mercredi 15 décembre, le président du Conseil italien a soutenu la décision de son ministre de la Santé d'imposer - sans demander son avis à l'Europe, de sévères restrictions sanitaires à l'entrée en Italie.

Un choix complètement assumé par Mario Draghi. "Ce tour de vis nous sert à défendre bec et ongles une normalité (par rapport aux pays du nord de l'Europe, beaucoup plus contaminés par Omicron, ndlr) que l'Italie a réussi à atteindre au prix de 135 000 morts", a-t-il déclaré.

Nombreux tours de vis en Europe

Le spectre de l'Italie, grande malade du Covid-19 l'an passé, est encore assez présent dans les esprits de l'autre côté des Alpes pour justifier ce nouveau tour de vis. Il n'a d'ailleurs pas provoqué de remous dans la péninsule. Au contraire.

"Je suis étonné que l'Europe soit scandalisée par la décision de notre gouvernement, commentait dès mercredi un président de région. Non seulement nous ne fermons pas le pays, mais en plus nous introduisons des critères plus rigoureux au bénéfice de nos concitoyens et de tous les touristes".

Une façon de botter en touche pour ne pas parler de la grande "claque" infligée par le très européiste Draghi au pass sanitaire européen. Un instrument réclamé à grands cris l'été dernier par tous les pays à vocation touristique et qui, aujourd'hui, ne suffit visiblement plus.

Car la Grèce, le Portugal et l'Irlande ont déjà emboîté le pas à l'Italie pour exiger eux aussi - dès dimanche pour la Grèce - un test PCR négatif pour franchir leurs frontières.

Démarrage de la vaccination pour les 5-11 ans

La Finlande, quant à elle, a décidé d'imposer un test seulement pour les personnes en provenance de pays hors Union européenne. Mario Draghi et son ministre de la Santé ont, en revanche, bien veillé à maintenir une quarantaine de 5 jours pour les non vaccinés afin de ne pas mettre sur le même plan pro et anti-vaccin.

"Le variant Omicron a une capacité de diffusion nettement supérieure à ses prédécesseurs, a expliqué le président du Conseil italien lors d'une conférence de presse. En Italie, il est présent chez moins de 0,2 % de la population. Ce qui n'est rien par rapport à ce que l'on voit au Danemark et au Royaume-Uni"

Alors, l'Italie a décidé de freiner des quatre fers en renforçant les contrôles sanitaires à ses frontières (avec l'obligation de présenter pass sanitaire et test PCR ou antigénique). Mais aussi en accélérant sur les injections de troisième dose. Chez nos voisins du Piémont, 1 million de personnes l'ont déjà reçue. Autre volonté, anticiper la vaccination des plus jeunes. C'était le cas, jeudi matin, via Gorizia à Turin.

Décidée dès début décembre par le gouvernement, la vaccination des plus jeunes a été rapidement mise en place par la région Piémont qui a installé des centres de vaccinations adaptés à ses écoliers du primaire.

Jeudi matin, le président de région, les représentants de la ville mais aussi les directeurs des agences sanitaires piémontaises ont pris la parole pour mettre le projet sur les rails et surtout rassurer.

"Nous avons déjà enregistré 47 000 réservations de rendez-vous", se félicitait lors de l'inauguration le professeur Giovanni Di Perri, patron du service des maladies infectieuses de l'hôpital Amedeo di Savoie de Turin.

Et le professeur d'ajouter : "Les mini doses Pfizer pour les enfants sont sûres. Les parents n'ont rien à craindre". Joignant le geste à la parole, le médecin a même tenu à faire vacciner en premier ses propres enfants. Preuve de sa confiance pleine et entière dans les études préalables menées sur la vaccination infantile.

"Les enfants vaccinés auront moins besoin d'un rappel que nous. Car ce virus est certainement destiné à rester vivace longtemps, a-t-il estimé. Selon moi, à l'avenir, ces vaccins anti-Covid devront forcément s'inscrire dans le calendrier vaccinal de chacun".

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