Le groupe Ferroglobe va supprimer plus de 350 emplois en Savoie et en Isère

Lundi 29 mars, le groupe américano-espagnol Ferroglobe, spécialiste du silicium, a annoncé la suppression de plus de 350 emplois en France au sein de sa filiale FerroPem. Tous les emplois des usines de La Léchère, en Savoie et de Livet-et-Gavet, en Isère, seront supprimés.

Une centaine de salariés se sont regroupés devant le tribunal de Chambéry, où une audience impliquant Ferroglobe se tenait au même moment.
Une centaine de salariés se sont regroupés devant le tribunal de Chambéry, où une audience impliquant Ferroglobe se tenait au même moment. © D. Bourget / France 3 Alpes

"Les patrons qui ferment des entreprises comme ça ont l’habitude de jeter un chèque à la tête des salariés comme on jette un os à un chien. Mais tous les chèques du monde ne remplaceront jamais un emploi perdu" s'insurge Ralph Blindauer, l'avocat des salariés. Devant le palais de justice de Chambéry ce mardi 30 mars, il a rejoint une centaine de salariés pour protester contre la décision de Ferroglobe. 

La nouvelle a été annoncée lundi lors d'un comité européen d'entreprise. Le groupe de métallurgie américano-espagnol a décidé de supprimer l’ensemble des postes des usines de La Léchère en Savoie (221 emplois) et Livet-et-Gavet en Isère (131 emplois). Au total, plus de 350 personnes sont concernées. 

 Ces deux usines seraient "mises en sommeil" et non fermées "car qui dit fermeture, dit dépollution de ces usines. Au bas mot, c'est un investissement de 30 millions d'euros que Ferroglobe ne souhaite évidemment pas réaliser", pointe Éric Granata, secrétaire général de l'union départementale des syndicats CGT de Savoie.

Reportage France 3 Alpes

"On veut le maintien des emplois. On demande à la direction de ne pas bloquer les projets de reprise", martèle Walter Wlodarczyk, délégué syndical CGT du site de La Léchère, déplorant "un tissu de contradictions". "C'est une vision fermée qu'on conteste. Le potentiel et la rentabilité de ces usines n'est pas à démontrer", ajoute-t-il.

"C'est un coup dur pour tous les ouvriers de l'usine de Livet-et-Gavet. Il ne va plus rester grand chose dans notre vallée, où FerroPem était implantée depuis des décennies", a réagi Gilbert Dupont, le maire sans étiquette de la commune.

Dans un communiqué diffusé mardi, la fédération de Savoie du PCF a déploré que le groupe "sacrifie ses usines dans le monopoly capitaliste".

 

Un soutien financier de l'Etat

Début octobre, les syndicats avaient fait état de leurs inquiétudes après l'annonce d'une réflexion autour d'un plan de restructuration au sein de Ferroglobe en raison de difficultés économiques. Sa filiale FerroPem a subi une baisse de la demande de 25% et une chute des cours de 30% depuis le début 2018 en raison de la concurrence du silicium chinois, fragilisant sa position financière et menaçant le paiement de ses fournisseurs.

Deux mois plus tard, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie, avait appelé Ferroglobe à "ses responsabilités" et à "soutenir sa filiale" française devant l'Assemblée nationale.

L'entreprise ayant profité de dispositifs de soutien financier de l'Etat, les salariés attendent une intervention du gouvernement. En attendant, ils appellent la population des vallées de la Tarentaise et de la Romanche à se mobiliser pour les soutenir.

En plus des sites alpins, la filiale FerroPem détient quatre autres usines en France mais elles ne sont pas concernées par ces suppressions de postes.

 

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