Les agriculteurs fatigués d'être "la variable d'ajustement" de la grande distribution

Jeudi matin, ils ont convergé de tout le territoire du Puy-de-Dôme pour bloquer les accès à Clermont-Ferrand. Les éleveurs, mais pas que, ont pris position sur cinq points stratégiques pour faire entendre un ras-le-bol face aux pratiques de la grande distribution.

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Au rond-point du Brézet, pas très loin de l'aéroport de Clermont-Ferrand, à proximité d'une des sorties de l'autoroute A 71, les Groisne père et fils sont là. Il a quelques années, Georges, le papa, a laissé son exploitation à son fils, Frédéric. S'il l'accompagne aujourd'hui sur le barrage filtrant dressé au lendemain des annonces gouvernementales aux allures de "pansements sur une jambe de bois", c'est pour le soutenir alors que la production laitière ne lui permet plus de gagner sa vie. "Les jeunes qui sont là sont au bord du gouffre. La moitié des jeunes qui sont ici, si on ne fait rien, dans six mois ils ont fermé", explique Georges Groisne. "Sur le Livradois-Forez, c'est la moitié des exploitations qui sont immédiatement menacées", poursuit, inquiet, l'ancien syndicaliste.
 

On nous annonce une poignée de dollars pour nous faire patienter.

Non loin de là, Frédéric se pose des questions sur le choix qu'il a fait un jour de reprendre l'affaire paternelle à Saint-Gervais-sous-Meymont. "Quand on se lève à 5h30 pour rentre chez soi à 21h, on espère avoir un revenu, mais on travaille pour 4 euros de l'heure quand on arrive à se donner un salaire", explique-t-il. Les annonces gouvernementales de la veille, ce jeune producteur laitier les compare à "une poignée de dollars" pour les faire patienter, "mais ça ne suffira pas". Les agriculteurs rassemblés autour de Clermont-Ferrand veulent des "prix rémunérateurs". Frédéric Groisne, lui, veut remettre tout le monde autour de la table, "la grande distribution mais aussi la transformation qui n'est pas innocente non plus".
"La grande distribution se moque de nous", enrage George Groisne, "on est la variable d'ajustement. On nous ne demande pas combien on veut vendre nos produits, on nous dit –on vous donne tant, si ça vous va, ça vous, si ça ne vous va pas, c'est tant pis pour vous-". Son fil, lui, a perdu le goût. Il espère même que sa fille de 18 ans, qui vient d'obtenir le Bac, n'aura pas la mauvaise idée de lui emboiter le pas. Consciente des problèmes que rencontrent son père, et tout un pan de l'économie française, elle est là, sur le barrage.
Ils sont des dizaines de jeunes agriculteurs présents, jeudi matin. Plus d'une centaine de tracteurs bloquent le rond-point. Le barrage n'est même plus filtrant. Et il pourrait rester ici un moment. Groisne père et fils l'affirment en chœur : "le mouvement peut durer". "On n'est pas là pour embêter la population", assure, désolé, Georges, "mais comme on sait qu'il n'y a que cette solution pour faire bouger les choses, on n'a pas le choix".
 

 

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