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Les familles des moines de Tibhirine reçues à l'Elysée

Ce mercredi 30 octobre, dans l'après-midi, les représentants des familles des moines de Tibhirine, assassinés en 1996, ont rencontré François Hollande lors d'un entretien à l'Elysée. Parmi eux, la Haut-Savoyarde Françoise Boëgeat.
Une photo sans date précise sur laquelle figurent 6 des 7 moines assassinés en 1996 à Tibhirine, en bas : Frère Paul (à gauche), Frère Christophe( au centre), debout de gauche à droite : Frère docteur Luc Dorchier (2ème), Frère Michel (3ème), Père Amédée (2ème à droite) et Frère Jean-Pierre (à droite). Père Christian de Cherché ne figure pas sur cette photo..
Une photo sans date précise sur laquelle figurent 6 des 7 moines assassinés en 1996 à Tibhirine, en bas : Frère Paul (à gauche), Frère Christophe( au centre), debout de gauche à droite : Frère docteur Luc Dorchier (2ème), Frère Michel (3ème), Père Amédée (2ème à droite) et Frère Jean-Pierre (à droite). Père Christian de Cherché ne figure pas sur cette photo.. © DR
Avant même d'être reçue à l'Elysée, Françoise Boëgeat avait évoqué ses souhaits dans une interview parue dans le quotidien le Progrès. La nièce de l'un des sept moines cisterciens de Tibhirine, espère avant tout "une collaboration" dans le dossier entre l'Algérie et la France, sans "haine" ou "désir de vengeance" mais pour "une vérité judiciaire". 

"Nous attendons la vérité. Et nous attendons qu'elle émerge par le biais d'une collaboration entre la justice des deux pays", a déclaré Mme Boëgeat.


Le juge d'instruction pourra se rendre en Algérie


"Pour moi, les frères, dont notre oncle Paul, ont toujours été dans la clarté face à la violence. Nous leur devons cette clarté. C'est important pour leur mémoire, pour les familles et pour l'Histoire", poursuit-elle. "Nous savons que ces histoires difficiles peuvent compliquer les relations entre Etats. Mais comment développer des relations de confiance entre des Etats démocratiques si l'on ferme les yeux sur ce qui s'est passé?".

Le plus étonnant pour les familles, c'est de voir l'instruction faire du sur-place. Le juge d'instruction attend depuis près de deux ans le feu vert pour se rendre en Algérie. Selon l'avocat, le chef de l'Etat a fait savoir que les autorités algériennes sont aujourd'hui prêtes à recevoir le juge Trévidic. Il "pourrait se rendre en Algérie pour une réunion préparatoire durant la deuxième quinzaine de novembre."

 

Rappel de l'affaire
Enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère isolé, près de Medea (sud d'Alger), les sept moines de Tibéhirine avaient été assassinés. Le Groupe islamique armé (GIA) de Djamel Zitouni, parfois soupçonné d'avoir été un agent infiltré des services algériens, avait revendiqué l'enlèvement et l'assassinat.

Les têtes des moines cisterciens avaient été retrouvées le 30 mai au bord d'une route de montagne, mais leurs corps ne l'ont jamais été, soulevant l'hypothèse que cette absence de dépouille ait été destinée à masquer les causes de leur mort.

Après avoir suivi la thèse islamiste, le juge antiterroriste Marc Trévidic a réorienté l'enquête vers une bavure de l'armée algérienne depuis 2009 et le témoignage d'un ancien attaché de défense à l'ambassade de France à Alger. Selon le général François Buchwalter, les moines ont été tués au cours d'un raid d'hélicoptères militaires tandis qu'ils se trouvaient dans ce qui semblait être un bivouac de djihadistes. Le magistrat avait demandé à pouvoir se rendre en Algérie en décembre 2011 pour exhumer les têtes et obtenir des informations sur une vingtaine de témoins, cités par des repentis du GIA.

En visite en Algérie un an plus tard, François Hollande avait évoqué le sujet avec son homologue Abdelaziz Bouteflika.
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