Les vétérans de l'athlétisme mondial en piste à Lyon

Ils ont entre 35 à 98 ans, les vétérans de l'athlétisme mondial disputeront, à Lyon, leur championnat du monde d'athlétisme en plein air. Plus de 8.000 athlètes sont attendus du 4 au 16 août. Français, Espagnols, Italiens, Allemands, Américains  et Australiens se disputeront les titres.

La compétition est très ouverte, elle ne coûte pas très cher et est accessible à tout membre d'un club d'athlétisme. Quelques têtes d'affiche viendront mettre un peu de sel dans la compétition comme le lanceur de javelot allemand Raymond Hecht (46 ans), Viviane Dorsile (48 ans) qui co-détient le record de France du relais 4 x 400 mètres, ou le perchiste français Alain Andji (40 ans). Ce dernier avait vu sa carrière s'interrompre brutalement en 1998, lorsqu'une perche lui avait transpercé la cuisse gauche, blessure qui l'empêchera de dépasser son record personnel atteint un an plus tôt (5,85 mètres en plein air). Il trouvera donc à Lyon une nouvelle chance d'exprimer son talent.
Janine Vignat est une athlète âgée de 60 ans, elle est championne d'Europe de la marche en salle des plus de 60 ans. Elle s'entraîne cinq à six fois par semaine à Villefranche-sur-Saône (Rhône), elle participe avec la ferme intention de "gagner".  Les organisateurs de ce championnat en ont d'ailleurs fait une de leurs égéries.

Au programme, une quarantaine d'épreuves, du 100 mètres au décathlon en passant par le lancer de javelot ou le saut en hauteur.
Les participants sont classés par tranches d'âge de cinq ans, avec en haut de la pyramide le Brésilien Frederico Fischer, 98 ans. Il se frottera à une poignée de candidats nonagénaires pour le lancer de poids, de marteau, de disque, de javelot et, clou du spectacle, pour la finale du 100 mètres des plus de 90 ans. Cette finale se tiendra le 7 août, juste avant la cérémonie d'ouverture, organisée trois jours après le début du championnat. 

Pour encadrer ces athlètes d'un autre siècle, des officiers de sécurité viendront épauler l'équipe médicale. "Parfois chez les vétérans, l'envie les fait aller au-delà de leurs limites. Ces officiers seront donc chargés de les écarter de la piste en cas de canicule, s'ils ont mal résisté à un long transport ou pour toute autre raison valable", expliquent les organisateurs.
Des précautions utiles même si, selon le président de la ligue d'athlétisme Rhône-Alpes, Marcel Ferrari, "ils ne risquent rien" puisqu'"ils ne sont plus capables d'aller vite".
Il y a tout de même un risque d'infarctus ou d'accident cardiaque pour tout sportif de haut niveau à partir de 40 ans, précise Guy Rozand, médecin du sport à Lyon. Et "le risque grandit avec l'âge".