Loi Travail : les difficultés d'approvisionnement en carburant persistent, François Hollande reste ferme

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Écrit par avec AFP
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François Hollande a affiché vendredi sa fermeté face aux opposants à la loi travail qui maintiennent la pression, au lendemain d'une nouvelle journée de contestation. Les blocages, les grèves et les stations service en panne d'essence continuent néanmoins. Un point sur la situation.

A un peu plus de deux semaines du début de l'Euro de football, la mobilisation, entamée le 9 mars, est montée d'un cran depuis le week-end, avec l'entrée en lice des salariés des sites pétroliers et des difficultés d'approvisionnement en carburant. Quatorze dépôts ont été débloqués sans incident, selon l'Intérieur. 

Neuf centrales nucléaires, sur les 19 françaises, ont connu des baisses de production, selon la CGT, sans toutefois entraver l'approvisionnement électrique selon RTE, gestionnaire du réseau national à haute tension.

Selon plusieurs médias, la situation s'améliorait sensiblement vendredi matin sur la distribution de carburant. La perspective d'une pénurie semble pourtant s'installer dans les esprits. En témoignent les reventes d'essence et de jerricans au prix fort sur des sites comme Le Bon Coin, ainsi que l'explosion depuis mardi du terme "comment siphonner réservoir" sur le moteur de recherche de Google.

En Auvergne-Rhône-Alpes, sur 1.780 stations-service, 239 étaient jeudi à la mi-journée en rupture et 334 en difficulté, selon une source de la préfecture, pour qui "la situation reste stable" vendredi. Aucune mesure de rationnement n'a été décidée, selon la même source, qui a précisé qu'il n'y aurait pas d'intervention à la raffinerie Total de Feyzin, aux portes de Lyon, "puisqu'il s'agit d'un arrêt de la production et que les salariés exercent leur droit de grève".

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Toute l'activité industrielle et portuaire autour de Fos et de l'étang de Berre est fortement perturbée. Les trois raffineries (Total La Mède, Lavera et Exxon) sont toujours en grève et "aucun produit" ne sort de ces installations, indiquent des responsables CGT. Une intervention des forces de l'ordre était en cours vendredi matin pour débloquer le dépôt pétrolier de Donges (Loire-Atlantique), bloqué depuis le 17 mai par ses salariés et des opposants à la loi travail.

Les deux dépôts pétroliers de Corse demeuraient bloqués vendredi par des militants CGT et les pénuries ont commencé dans le sud de l'île où 21 des 59 stations service, en rupture de stock, ont dû fermer.

François Hollande ne lâchera rien

François Hollande a affiché vendredi sa fermeté face aux opposants à la loi travail qui maintiennent la pression, au lendemain d'une nouvelle journée de contestation, émaillée de violences.

"Les organisations appellent à poursuivre et amplifier les mobilisations", notamment "en multipliant et en soutenant les actions décidées par les salariés en assemblées générales, y compris reconductibles", a écrit l'intersyndicale CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, Fidl, UNL dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi.

"Je tiendrai bon parce que je pense que c'est une bonne réforme" leur a répondu François Hollande depuis le Japon où il se trouve pour le sommet du G7. Visage fermé, le chef de l'Etat a également déclaré lors de sa conférence de presse que devant la menace des blocages, le "premier devoir" de l'exécutif était d'assurer "la liberté de circuler" et "le bon fonctionnement de l'économie".

Le patron du Medef Pierre Gattaz a, lui, dénoncé une nouvelle fois sur Europe 1 des "méthodes de voyous" et "d'irresponsables", appelant à "résister au chantage" des syndicats contestataires.

De son côté, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière (FO), a appelé le gouvernement à suspendre les débats au Parlement sur le projet de loi travail, pour ouvrir des négociations avec le patronat et les syndicats.

Principal point de crispation: l'article 2 du projet qui consacre la primauté aux accords d'entreprise dans l'aménagement du temps de travail, une ligne rouge pour les syndicats contestataires qui redoutent le dumping social.

L'unité du gouvernement s'est lézardée sur ce point avec le recadrage jeudi par Manuel Valls de son ministre des Finances Michel Sapin, réaffirmant qu'il "ne toucherait pas" à l'article 2. Conforté par le président de la République, le Premier ministre affiche sa fermeté alors que selon un sondage Tilder/LCI/Opinionway publié jeudi, 66% des Français pensent que le gouvernement doit retirer le projet de loi travail.

Au lendemain d'une huitième journée d'actions qui a vu près de 300.000 personnes défiler dans le pays selon la CGT, et 153.000 selon les autorités, le risque d'une escalade de la violence demeure. Soixante-deux personnes ont été placées en garde à vue jeudi dans tout l'Hexagone. A la fin de la manifestation parisienne, un jeune homme a été blessé "sérieusement" puis hospitalisé. A Fos-sur-Mer, un manifestant a été sérieusement blessé par un véhicule qui a voulu forcer un barrage CGT.



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