"Ça ressemble à la savane, tout est grillé !", Laura éleveuse de brebis à Rive-de-Gier confrontée à une inquiétante sécheresse

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Écrit par D.Mazzola (avec D.Pajonk/V.Diguat)

Des volailles qui se déshydratent, une production d'œufs moins importante, des brebis qui ne peuvent plus s'alimenter à l'extérieur faute de trouver de l'herbe fraîche. Les animaux de la ferme souffrent aussi des conséquences des fortes chaleurs et de la sécheresse. Sur les hauteurs du Pilat, dans la Loire, une jeune éleveuse de Rive-de-Gier cherche à préserver ses bêtes.

"Aujourd'hui, ça ressemble à la savane, malgré la pluie. Tout est grillé, tout est mort", explique Laure Chalendard, éleveuse de brebis. Plus le moindre brin d'herbe sur la parcelle où elle fait habituellement paître ses 80 brebis durant les mois d'été.

Des stocks de foin déjà entamés

Dans la Loire, sur les pentes du Pilat, la canicule a ravagé les prés et espaces broutés. La sécheresse se fait sentir au-delà des pluies récentes. Or pour la saison, cette exploitante a besoin de l'équivalent de 10 à 14 hectares de pâturage pour alimenter son troupeau. Cette année, la sécheresse et la canicule précoce ne sont pas sans effet. L'herbe a jauni en deux semaines. Ses brebis, au pré depuis fin mai, ne sont à ce jour pas restées à l'extérieur un mois.

"Les prés qui attendaient de recevoir des brebis ont complètement grillé. Elles dépériraient si je les y installaient", explique la jeune exploitante, installée sur les hauteurs de Rive-de-Gier depuis 3 ans. Laura Chalendard a donc été contrainte de rentrer la majorité de ses animaux à la bergerie pour les alimenter avec du foin. Et ce foin, destiné à la période hivernale, est précieux. C'est même devenu une denrée rare. Nous ne sommes que fin juin et elle a déjà entamé les réserves d'hiver. "Cette année, le stock qu'on a fait au printemps est deux fois moins important que l'année dernière", explique la jeune femme. A défaut de faire une deuxième coupe d'herbe pour faire du foin, Laura a bon espoir de pouvoir au moins remettre ses brebis au pré à l'automne.

Les poules pondeuses souffrent aussi

Les ovins sont particulièrement sensibles à la chaleur. "Sitôt qu'on dépasse 25°C, c'est un peu compliqué pour les brebis. C'est un stress thermique", explique Laura Chalendard. Mais les brebis ne sont pas les seules à subir les conséquences des fortes chaleurs, les poules aussi. Lors d'épisodes de canicule, elles agonisent car elles peinent à respirer. Les volailles bougent moins lorsqu'elles se trouvent en intérieur où elle s'abritent de la chaleur. Au dessus des 25°C, elles consomment moins d'eau et mangent moins aussi. Conséquence : les poules pondent moins lorsqu'il fait très chaud.

"Elles consomment moins d'aliments lorsqu'elles sont dans le bâtiment. Les poules ne se nourrissent pas comme elles le devraient. Les œufs sont moins jolis", explique Laura. "Les rations en bâtiment sont équilibrées mais la consommation d'herbe fait varier un peu la qualité de l'œuf. Ils sont moins homogènes".

Laura Chalendard s'est lancée depuis quelques mois dans la production d’œufs bio avec près de 3000 poules pondeuses en élevage bio. La jeune femme n'a pas eu de conséquences immédiates sur la ponte, mais il n'aurait pas fallu que cet épisode de canicule se prolonge.