Saint-Etienne (Loire) : Les dépouilles de cinq poilus transférées dans leur dernière demeure

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Écrit par Daniel Pajonk

Le premier novembre, jour de la Toussaint, les étudiants de l'école des Mines, en tenue officielle, opèreront le transfert de cinq dépouilles de poilus morts pour la France dans le mausolée d'un cimetière stéphanois. Une cérémonie mémorielle importante pour notre histoire.

A l’aune de la Toussaint, c’est une cérémonie somme toute particulière qui va se dérouler au cimetière du Crêt de Roc, sur les hauteurs de Saint-Etienne (Loire). Tandis que les familles viendront fleurir les tombes de leurs proches, une autre famille ou plutôt une association, procèdera à l’installation de cinq dépouilles de poilus dans la crypte du Souvenir français, le tout officiellement. Le Souvenir français ? Une association nationale qui œuvre pour saluer la mémoire des combattants morts pour la France et perpétuer ainsi le sacrifice de leur jeunesse perdue à jamais. Le premier novembre, en tenue d’apparat, des étudiants de l’Ecole des Mines de Saint-Etienne procèderont au transfert de ces dépouilles dans la crypte du Souvenir français du cimetière. Un moment solennel autant que mémoriel. Dans ce mausolée, ils rejoindront six cents de leurs compagnons d’armes, six cents soldats morts pour le pays.

 

Leur rendre leur dignité

Car pour l’association comme pour les associations d’anciennes combattants, les morts ne doivent pas rester dans des ossuaires, dans des fosses communes ou sous terre. « Ce serait leur manquer de dignité », souffle la présidente du Comité stéphanois, Madame Maillavin Vedel, dont le père a participé au débarquement sur les côtes de Provence en aout 1944. Les dépouilles sur lesquelles on arrive à remettre la main sont soit confiées aux communes qui assurent une sépulture soit à l’association qui met les restes des défunts dans les cryptes. Tout au long de l’année, les 85 bénévoles stéphanois scrutent es cimetière pour identifier les tombes en déshérence et décider des transferts. Mais cela n’est pas toujours simple à faire. « Parfois nous exhumons des soldats de tombes réputées à l’abandon, décrit la présidente. Souvent il n’y a plus de familles, ou alors les familles viennent moins sur les tombes qu’avant, en tous les cas pas forcément à la Toussaint. Il ne faut pas tromper et faire à la place des familles ! »  Pour les transferts, les corps sont méticuleusement replacés dans des boites à ossements qui ressemblent à des cercueils d’enfants.

Des actions tout au long de l'année

Bien que non régulières, les cérémonies de transfert se déroulent presque tous les ans. Mais elles peuvent avoir lieu n’importe quand dans le courant de l’année. Alors, pourquoi le jour de la Toussaint ? « Pour que l’on en parle davantage dans les médias, dans les familles », admet un bénévole âgé. Et la présidente de renchérir : « C’est Important pour notre histoire, car ce sont des gens partis à la guerre, des gens qui ont fait leur devoir. Et à une époque où l’on parle davantage de droits que de devoirs, il est bien que l’on parle de ces personnes-là, que nous voulons montrer en exemple. Pour montrer à nos jeunes générations que maintenant si on vit en liberté, il a fallu l’acquérir au prix du sang versé et de la mort de ces combattants qui se sont sacrifiés. »