Affaire Fatima : le parquet de Saint-Etienne fait appel de l'acquittement de son mari

Le Parquet de Saint-Etienne annonce avoir interjeter appel sur l'acquittement de Farouk B, jugé la semaine du 4 avril pour l'assassinat de son épouse, Fatima B, en 2010.

La famille de Fatima B. était sortie en pleurs de la salle d'audience. Quelques minutes plus tôt, Farouk B était acquitté du meurtre de sa femme par la Cour d'Assises de la Loire. Le Parquet de Saint-Etienne annonce interjeter appel le 13 avril 2022.

Pour ses filles, sa mère, ses frères et ses sœurs, seul Farouk B a pu assassiner  Fatima. "Ce qui serait intéressant serait de savoir qui cela peut être d’autres. Dans le cas présent, à part son mari, il n'y personne d’autre pour commettre ces faits-là", plaide Me Karim Mrabent, leur avocat. 

"On nous parle de féminicides à longueur de journée, on est dans le cadre d’un féminicide, et pardonnez-moi le terme, particulièrement dégueulasse. Il est évidement que la famille ne peut se contenter de ce jugement" poursuit-il. 

Faisceaux d'indices concordants

Farouk B a été acquitté faute de preuves démontrant sa culpabilité, et ce malgré des faisceaux d'indices concordants. Le corps de Fatima B a été retrouvé en 2013 par des promeneurs dans les bois, entres les communes de Chambles et Périgneux, au nord de Firminy. La cause de la mort serait due à un coup porté à la tête. 

Or, le jour de sa disparition, le 2 juillet 2010, le téléphone de Farouk B. a "borné" près de l'endroit où le corps de Fatima B. a été découvert. Il a également acheté une une martelette à pic deux semaines auparavant. 

Selon lui, il s'est servi de la martelette pour faire des travaux dans sa salle de bain. L'objet n'a jamais été retrouvé, probablement jeté avec les gravats selon Farouk B. Néanmoins d'après les experts interrogés lors du procès, il est peu probable qu'il s'agisse de l'arme du crime. 

Quant au bornage, la zone concernée est très grande. Farouk B a donné comme justification diverses raisons, comme l'achat d'un autoradio, et un déplacement avec pour son fils. 

Depuis le début de l'enquête, Farouk B. clame son innocence. Il se dit "victime d'un complot" de la part de sa belle-famille. Il est soutenu par sa deuxième épouse et leur fils qui disent "n'avoir jamais connu un homme violent mais au contraire très calme"

Absence de preuves

"Nous nous sommes battus toute la semaine pour montrer qu'il n'y avait pas dans ce dossier suffisamment de preuves pour condamner", répète Me André Buffard, l'avocat de Farouk B. "Encore une fois, c'est à l'accusation de prouver la culpabilité. A partir du moment où il n'y a pas de preuve, l'acquittement s'impose et c'est ce qu'a décidé la cours d'assises."

Le Parquet avait requis 20 ans de réclusion criminelle contre lui lors du procès. Il risquait la perpétuité pour les faits qui lui était reprochés. Un nouveau procès en appel devrait se tenir où il risque les mêmes peine. 

Relations conjugales compliquées

Fatima était une mère de famille discrète qui sortait peu de chez elle. Le couple entretenait des relations compliquées : les deux époux s'étaient mariés en Algérie en 1997. Ils avaient divorcé en 2000 et s'étaient remariés fin 2009. Au moment de sa disparition, Fatima se trouvait depuis quelques mois en France. 

Peu de temps avant sa disparition, elle avait été prise en charge avec ses deux filles par une association de lutte contre les violences conjugales. Elle était ensuite retournée vivre auprès de son mari.