Christian Dior et Claude Saint-Cyr, une même vision du chapeau, l'accessoire indispensable

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Écrit par Dolores Mazzola .

A Chazelles-sur-Lyon, le musée du chapeau présente des dessins aquarellés de Christian Dior, et des photographies consacrées à la modiste Claude Saint-Cyr. Avant d’être connu, Christian Dior réalisait des dessins de chapeaux qu’il vendait aux modistes parisiennes.

"Cette exposition, c'est un aspect différent de Christian Dior. C'est Dior avant Dior", résume Eléna Daillère, responsable scientifique à l'Atelier-musée du Chapeau de Chazelles-sur-Lyon.

Dior, illustrateur de mode 

Dans les années 30, bien avant de devenir un grand couturier, Christian Dior a commencé sa carrière dans la mode en dessinant des chapeaux. "Avant d'être couturier, Christian Dior travaille comme illustrateur de mode. Les magazines ne proposent pas forcément des photos dans les années 30 mais des dessins", explique Eléna Daillère. De ces débuts dans l'univers de la mode, il en gardera des influences. "On découvrira que Dior n'imagine pas une seule silhouette, lors de sa carrière de couturier, qui ne soit chapeautée".

Claude Saint-Cyr et Dior ne travaillent pas du tout de la même façon mais ils ont cette même vision du chapeau : c'est un accessoire indispensable.

Eléna Daillère

Responsable scientifique à l'Atelier-musée du Chapeau

Mais avant de devenir le créateur du "New Look" et du tailleur Bar, Dior vendait ses dessins de chapeaux à des modistes parisiennes, et notamment à Claude Saint-Cyr. Elle a acheté au jeune Dior près d'une centaine de croquis, entre 1937 et 1938. "Elle va tout de suite reconnaître le talent de ce jeune créateur et s'en inspirer. Puis Dior va s'orienter vers la couture". L'exposition de l'atelier-musée  présente six de ses dessins aquarellés. 

La modiste et les couturiers  

Le grand public a oublié son nom. Pourtant Claude Saint-Cyr a été l'une des plus grandes créatrices de l'âge d'or du couvre-chef. En 1937, alors qu'elle n'a que 26 ans, elle fonde sa maison, rue du Faubourg Saint-Honoré. Elle s’impose d’emblée par son goût d’une élégance rigoureuse. "Sa vision des volumes du chapeau est proche de celle d'un sculpteur", ajoute Eléna Daillère.



La modiste a créé toques, tambourins, bérets, cloches, capelines et autre couvre-chefs pour de nombreuses élégantes. À Paris, elle chapeaute les artistes telles que Martine Carol, le mannequin vedette Capucine ou Edwige Feuillère. Ses créations séduisent aussi les membres de la famille royale britannique et la reine Elisabeth. Claude Saint-Cyr a créé plus de 10 000 modèles et on ne compte plus les collaborations avec de célèbres couturiers comme Rochas, Nina Ricci ou encore Piguet.  

Claude Saint-Cyr, c'est la dernière grande modiste de l'âge d'or du chapeau.

Eléna Daillère

Responsable scientifique à l'Atelier-musée du Chapeau

"Claude Saint-Cyr a marqué son époque. Elle a l'instinct de deviner les tendances pensées par les couturiers. Par exemple, ses chapeaux de la ligne oblique en 1948 s'accordent parfaitement avec les silhouettes imaginées par Christian Dior, les silhouettes du New Look l'année précédente", explique Eléna Daillère. "Elle ferme les portes de sa Maison en 1962 au moment où le chapeau est boudé par les jeunes générations et n'est plus autant porté même dans les sphères les plus élégantes de la société", explique la responsable scientifique de l'atelier-musée. La modiste ferme sa maison mais continue de travailler durant de nombreuses années. Elle va notamment transmettre son savoir-faire aux nouvelles générations de modistes.

Exposition temporaire

Dior et Saint-Cyr, deux grands noms de la mode, sont liés. Presque une évidence de les réunir dans cette exposition temporaire à découvrir jusqu'au 5 mars. L’exposition couvre la période allant des années 1930 aux années 1960.  Outre les dessins de Christian Dior et les photos de Georges Martin, photographe et mari de Claude Saint-Cyr, l'exposition présente aussi des chapeaux. 

L'une des pièces maîtresse est une coiffe griffée Saint-Cyr est exposée pour la première fois. Garnie de fleurs de plumes appliquées sur du velours, cette coiffe de soirée est typique des années 50.  Le musée en a fait l'acquisition lors d'une vente aux enchères en septembre 2020. 

Propos recueillis par C.Dol et C.Lepoitevin

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