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Loire : huit “gilets jaunes” mis en examen pour incendie de radars

Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, près de 70% des radars de France ont été dégradés, détruits ou mis hors d'usage. / © Maxppp / Pascal Bonniere
Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, près de 70% des radars de France ont été dégradés, détruits ou mis hors d'usage. / © Maxppp / Pascal Bonniere

Des "gilets jaunes" sont poursuivis pour dégradation de radars dans la Loire, et l'un d'eux a été écroué vendredi 5 avril. Alors que le coût de ces dégradations pourrait dépasser 660 millions d'euros en France, les interpellations se multiplient.

Par Mathieu Boudet Avec l'AFP

8 membres des "gilets jaunes" de la Loire ont été mis en examen jeudi 4 et vendredi 5 avril pour leur implication dans l'incendie de plusieurs radars fixes, a-t-on appris auprès de la gendarmerie et de source judiciaire.


 

Un homme écroué


Les 8 individus sont des hommes âgés de 20 à 41 ans. L'un d'entre eux a été écroué "compte-tenu de son rôle majeur dans la commission des faits", explique le parquet. Les autres ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction de manifester. Par ailleurs, une neuvième personne, une femme, a été remise en liberté pour des raisons de santé et sera convoquée ultérieurement par le magistrat instructeur, précise le parquet de Saint-Etienne.


 

Des actes préparés


Ces individus ont été mis en examen pour "destruction en bande organisée du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes". Au cours de l'instruction, les enquêteurs ont découvert que les personnes mises en cause avaient organisé une réunion préparatoire au sabotage de 5 radars. Il apparaît que 2 radars ont été totalement détruits, sur un rond-point de Saint-Etienne.
Les accusés encourent des condamnations qui peuvent aller jusqu'à 3 ans de prison, selon un enquêteur. 


 

Les interpellations se multiplient


2 autres "gilets jaunes" de la Loire, de 22 et 28 ans, appartenant au même groupe, avaient déjà été mis en examen et écroués le 2 février, après leur interpellation en flagrant délit d'incendie d'un radar fixe. Par ailleurs, des interpellations pour des faits similaires ont été rapportées dernièrement sur le territoire national. Ainsi en Haute-Marne, 9 "gilets jaunes", dont un des leaders locaux du mouvement, ont été mis en examen fin mars, suite à des dégradations de radars, horodateurs ou pompes à carburant de stations-service à Saint-Dizier. 


 

Plus de 660 millions d'euros de pertes 


Selon nos confrères des Echos, qui rapportent des chiffres de Bercy, les seules dégradations de radars survenues en marge des mouvements de "gilets jaunes" coûteront plus de 660 millions d'euros à la France sur les années 2018 et 2019. En 2018, les services de l'état estimaient les pertes de recettes à 209 millions d'euros, et elles prévoyaient 455 millions de pertes supplémentaires en 2019. Le coût d'un seul radar s'élève à 50 000 euros en moyenne. Ces chiffres ne comprennent pas le coût supplémentaire des réparations. 
Ces pertes impactent les budgets de divers organismes tel l'Afitf, qui finance les infrastructures de transport, de la sécurité routière ou des collectivités locales notamment.

 

Un lien avec les hausses de morts sur les routes ?


Emmanuel Macron avait dénoncé récemment, lors d'un déplacement à Angers, "des comportements inadmissibles", en faisant référence à la destruction de radars, qui ont des résultats "immédiatement tangibles", selon lui, avec le rebond de la mortalité routière depuis le début de l'année. Il réagissait à l'annonce d'un bond de 17,1% du nombre de morts sur les routes en février (37 de plus qu'en février 2018). En janvier, le nombre de mort avait déjà augmenté de 3.9% par rapport à la même période de 2018.

 

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