Plan de sauvegarde à Casino : les représentants du personnel font appel du jugement

Alors que le tribunal de commerce de Paris a validé le plan de sauvegarde de Casino lundi dernier, le 26 février, le comité social et économique central (CSEC) s'exprime pour la première fois depuis cette décision. Il annonce vouloir faire appel du jugement.

Sans surprise, le plan de sauvegarde du groupe Casino validé par le tribunal de commerce le lundi 26 février ne convainc pas les représentants du personnel. "Nous espérons que le parquet fera aussi appel, afin que justice soit rendue" a indiqué le Comité social et économique central (CSEC) ce lundi 4 mars, lors d'une conférence de presse à Paris.

L'instance avait d'ailleurs émis un avis défavorable au plan de sauvetage, regrettant l'insuffisance de son volet social."Seuls d'autres juges pourront rétablir la légalité de la situation", a ajouté le CSEC, assurant que, "contrairement à ce que dit la direction, cet appel et le rejet du plan n'impliqueront pas nécessairement une liquidation". Il a affirmé que "c'est la direction soutenue par le consortium qui est responsable de la situation actuelle".

La décision ouvre la voie à un changement d'actionnaires et à la prise de contrôle du distributeur par un consortium à horizon mars/avril. Sans ce feu vert, Casino et ses 50 000 salariés étaient voués à la liquidation judiciaire. Cette reprise doit donc permettre le sauvetage du groupe à la dérive dont la dette est estimée à 12 milliards d'euros. Si le plan de sauvegarde accéléré, âprement négocié pendant de nombreux mois par la direction de Casino avec ses créanciers et les candidats à sa reprise n'avait pas été adopté, Casino se serait trouvé dans "une situation économique catastrophique", avait rappelé le juge-commissaire le 12 février dernier, lors d'une audience publique concernant le plan de sauvegarde du distributeur.

Un appel non suspensif

C'est un "consortium" de repreneurs constitué du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky et du Français Marc Ladreit de Lacharrière, adossés au fonds britannique Attestor, qui doit à présent prendre les commandes du groupe. L'argent frais (1,2 milliard d'euros) qu'il apporte doit servir à écraser la dette et relancer l'activité. Il doit aussi permettre d'installer une nouvelle équipe dirigeante et a promis "un plan ambitieux de réorganisation, d'investissement et de modernisation pour asseoir le développement des enseignes".

L'une des avocates du CSEC, Françoise Maréchal Thieullent, a précisé que l'appel n'était "pas suspensif, seul celui du ministère public le serait". Le ministère public avait lui aussi émis un avis défavorable sur le plan de sauvegarde, regrettant notamment une "trop grande disparité entre le plan présenté initialement" et celui sur lequel le tribunal devait se prononcer ce lundi 26 février, ainsi que "le contenu parfaitement lacunaire du volet social".

"En l'absence de recours suspensif, il est envisagé que l'ensemble des opérations prévues par la restructuration financière soit réalisé le 27 mars 2024", avait indiqué Casino fin février. Ces opérations sont notamment les augmentations de capital aux termes desquelles les actionnaires actuels du distributeur, à commencer par le premier d'entre eux Jean-Charles Naouri, seront très massivement dilués.