Saint-Etienne : trafic de stupéfiants, la Loire dans le top 10

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En matière de trafic de stupéfiants, le département de la Loire n'est pas en reste et se classe même dans le top 10 des départements les plus touchés en France. Ce lundi 22 mars 2021, après-midi, une conférence de presse faisait un bilan des dernières saisies. 

Mi-mars, les policiers de Saint-Etienne ont fait tomber un nouveau point de deal dans la Loire, sur la commune de La Ricamarie. Bilan de la saisie : l'équivalent de 100 000 euros de drogues, une centaine de cartouches de cigarettes et d'importantes sommes d'argent liquide. C'est la septième grosse affaire de ce genre depuis le début 2021. 

La lutte contre le trafic de stupéfiants s'est intensifiée durant l'année écoulée. Selon une cartographie du ministère de l'Intérieur dévoilée en début d'année, 4.000 points de deal ont été répertoriés dans l'ensemble de l'Hexagone, dont une soixantaine dans la Loire. Dans ce département, les points de deal se trouvent essentiellement dans le bassin stéphanois. La Loire se classe ainsi au 9e rang des départements ayant le plus fort taux de points de trafic par habitant. 

"On a découvert cela avec un peu de surprise même si la réalité du trafic de stupéfiants est bien connue des autorités locales... Ce qui est surprenant, c'est qu'il y a eu 4.000 points de deal répertoriés au niveau national par le ministère de l'Intérieur et on en a presque une soixantaine de la Loire. Ce qui classe la Loire, en points de deal pour 100.000 habitants, au 9e rang national", a indiqué le procureur de la République de Saint-Etienne, Eric Charmatz, lors d'une conférence de presse ce lundi 22 mars 2021.

63 opérations de démantèlement

Et la dernière saisie de drogue opérée sur la Loire illustre la diversification du trafic. Selon le procureur, "les trafiquants de drogue sont les délinquants qui évoluent le plus. Ils s'adaptent aux contraintes et aux demandes des consommateurs et à la concurrence. (...)". Les autorités notent également la recrudescence de points de vente qui proposent des drogues diverses  et "une utilisation de plus en plus fréquente des réseaux sociaux pour orienter les clients sur des points de deal."

Autre chiffre dévoilé par le procureur de la République de Saint-Etienne qui "signe la réalité d'un trafic local" : le taux de dossiers correctionnels jugés pour trafics de stupéfiants. Il est de 13,5% dans la Loire. Soit un pourcentage supérieur de 4 points à la moyenne nationale (9,5%) pour des juridictions de taille équivalente. Et au fil des années, opérations et saisies ont augmenté. Des opérations qui s'appuient sur des moyens humains.

Le travail de terrain est essentiel. On ne peut pas démanteler un trafic de stupéfiants depuis son bureau ou simplement en regardant les réseaux sociaux.

Cédric Esson, Directeur Départemental de la Sécurité Publique de la Loire.

"Il faut que le travail humain soit toujours présent et ce travail humain, il est prépondérant, pour la recherche, la surveillance, l'investigation et servir ensuite dans les enquêtes judiciaires", a ajouté Cédric Esson. 

Dans la Loire, l'année 2020 a cependant été une année très active dans la lutte contre les trafics de stupéfiants. Ainsi, 63 opérations conjointes de démantèlement de points de vente ont été dirigées dans le département de la Loire. Sur un an, les saisies de marchandises ont vu leur valeur augmenter  et le nombre de gardes à vue doubler.