Violences sexuelles : un éducateur de Noirétable, dans la Loire, placé en détention provisoire suite à des plaintes pour agressions et viols sur des mineurs placés

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Écrit par S.M. avec France 3 Loire

Une information judiciaire a été ouverte à l'encontre du couple à la tête du lieu de vie "Les Bois noirs" à Noirétable. L'homme a été mis en examen pour des faits de violences, agressions sexuelles et viols sur des jeunes pensionnaires, son épouse pour non-dénonciation. Ils ont été placés en détention provisoire.

Sur le blog du Lieu de vie, on peut lire que dix enfants peuvent y être accueillis, dans l'objectif de "permettre aux plus jeunes, de trouver, dans une ambiance familiale, l'équilibre nécessaire à leur épanouissement". Pour ce faire, le couple de dirigeants s'était entouré de nombreux animaux (chevaux, chiens de traineau,...), pour une médiation thérapeutique ou comme outil d'insertion.

Les récents événements - la mise en examen, ce jour, des époux - jettent une ombre tragique sur l'activité de l'établissement, un vaste domaine situé en pleine forêt, à la sortie du bourg de Noirétable. Les propriétaires du centre, qui recevaient des enfants et des adolescents confiés par les services sociaux, viennent d'être mis en examen après deux jours de garde à vue.

Mis en examen et écroués

Le mari, âge de 50 ans, est poursuivi pour des viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité au préjudice de 4 victimes (3 mineures et une ex-pensionnaire toujours hébergée dans ce lieu et qui était majeure au moment des viols dénoncés), d’agressions sexuelles par personne ayant autorité sur deux autres mineures, et de violences habituelles sur mineurs de 15 ans, cette dernière qualification visant les mauvais traitements régulièrement infligés et dénoncés par la plupart des quinze pensionnaires et ex-pensionnaires du lieu de vie qui ont pu être entendus. Il a été placé en détention provisoire.

Son épouse, âgée de 47 ans, a été mise en examen du seul chef de non-dénonciation de mauvais traitements, privations, agressions ou atteintes sexuelles infligées à un mineur, faits commis de 2016 à 2022. Elle a aussi été placée sous mandat de dépôt, principalement pour soustraire les mineurs à toute influence durant le temps de l’instruction, de très nombreuses investigations restant à accomplir.

Le procureur de la République de Saint-Etienne précise aussi que d'autres révélations concernant les conditions de vie et, plus généralement, le fonctionnement de ce lieu de vie habilité, donneront lieu à une autre enquête.

Des plaintes d'anciennes pensionnaires

La dizaine de jeunes (7 mineurs et 2 majeurs) dont placés au Lieu de Vie et d'Accueil "Les Bois noirs" a été retirée en urgence de l'établissement le 2 juin dernier. Une procédure de mise à l'abri ayant été activée dès le 30 mai, au lendemain de la réception des premières alertes : des courriels à la directrice départementale de l'Enfance et des appels au 119 (enfance maltraitée) dénonçant des faits des maltraitances. Il s'agit de signalements d'anciennes pensionnaires, dont certaines sont désormais majeures, d'après David Charmatz, le procureur de la République de Saint-Etienne.

L'enquête préliminaire ouverte début juin a mobilisé les gendarmes de la compagnie de Montbrison et de la Maison de Confiance et de Protection des Familles de la Loire (ancienne Brigade de prévention de la délinquance juvénile), en concertation avec les unités de gendarmerie de 4 autres départements où les mineurs placés ont été répartis, puisque pas moins de 15 pensionnaires et ex-pensionnaires ont été entendus par ces différents services au cours du mois écoulé.

Le président LR du Conseil départemental de la Loire, Georges Ziegler, a de son côté confirmé avoir pris un "arrêté de suspension de l'activité" de cet établissement qui accueille depuis 2010 des enfants et des adolescents.

Le couple de dirigeants, salariés de l'association Les Bois noirs qui est présidée par la belle-mère du principal mis en cause, est par ailleurs suspecté d'avoir détourné pour son usage personnel une partie du financement (149 euros par jour et par enfant) de l'aide sociale à l'enfance.