Malaise au sein de la police municipale à Grenoble

Publié le Mis à jour le
Écrit par Anne Hédiard
© VALERY HACHE / AFP

Depuis début 2015, 20 policiers municipaux ont quitté Grenoble. Trois ou quatre départs sont encore prévus prochainement selon les syndicats. Sur un effectif total de 97 agents, c’est beaucoup et cela soulève quelques questions.

Le malaise, la CFDT l’explique surtout par l’organisation des missions.

Moins de la moitié des agents sont sur la voie publique. Les autres seraient affectés à des tâches administratives.
« On nous demande de comptabiliser nos passages dans les rues. On doit à tout prix passer dans telle rue et pas une autre. Il y a très peu de libertés dans la surveillance. On doit rendre des comptes pour les comités locaux de prévention de la délinquance. »

Il semble aussi que les agents n’aient pas digéré le fait d’être privés d’arme à feu.

Tout avait été préparé par la précédente municipalité, les pistolets commandés, et les recrutements de formateurs lancés. Mais arrivé aux manettes, il y a deux ans, le maire écologiste, Eric Piolle avait fait marche arrière.. Résultat, certains agents se sentent en insécurité lors de leurs patrouilles.
« On nous envoie dans les quartiers difficiles pour rassurer la population. On se retrouve régulièrement sous une volée de cailloux et on doit partir en courant. Je ne pense pas que ça rassure la population et pour nos collègues c’est très inquiétant. »

Une lettre ouverte à Eric Piolle

Absentéisme et départs en cascade sont révélateurs d’un véritable problème selon Jérôme Safar du « Rassemblement de Gauche et de Progrès ». Dans une lettre ouverte au maire de Grenoble, datée du 25 février 2016, il demande des explications. « Cette situation pose la question claire de l’organisation d’un service essentiel et sensible pour les grenoblois. »

Du côté de la mairie, on tombe des nues

Elisa Martin, adjointe à la « tranquillité publique » avoue ne pas comprendre. Il y aurait bien eu 13 ou 14 départs en 2015, mais ils ne seraient pas liés à une fuite vers d’autres collectivités selon elle. Seuls 5 agents ont changé demandé une mutation.
Par ailleurs, elle dit ne pas comprendre le malaise : « Un malaise doit se transcrire en revendication précises. Jusqu’à présent, nous n’avons pas été sollicité sur des demandes précises ».

Le dialogue devrait reprendre dans quelques jours. Les représentants syndicaux seront reçus en mairie le 11 mars prochain.

Reportage Jean-Christophe Solari, Dominique Semet, Mélanie Ducret

durée de la vidéo: 02 min 01
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