Opéra de Lyon : le making off d'Atvakhabar Rhapsodies

France 3 Rhône-Alpes s'est rendu dans les coulisses de la création Atvakhabar Rhapsodies, montée par le ballet de l'Opéra de Lyon. Retour sur les motivations qui ont conduit à croiser la route d'un explorateur imaginaire parti découvrir une contrée mythique : Atvakhabar. 

© France3 Rhône-Alpes
Créé avec succès la saison dernière par le ballet de l’Opéra de Lyon, Atvakhabar Rhapsodies nous embarque, pendant une heure trente, à la découverte du lointain pays d’Atvakhabar : une contrée imaginaire tout comme l’est Emile Prokop, explorateur des années dix neuf cent vingt et auteur d’un film documentaire à demi perdu dont le spectacle est censé restituer les images.

Depuis leurs débuts en 1989, Marcia Barcellos et Karl Biscuit ont à leur actif toute une galerie de personnages et de pays nés de leur seul désir artistique.


Et comme rien ne ressemble plus à l’illusion que la réalité – et vice versa , chacune de leurs pièces est un détournement incroyablement troublant, subtil, où la danse mène le jeu. Après les Ballets de Monte-Carlo et le Ballet de Lorraine, le Ballet de l’Opéra de Lyon a rejoint le club fermé des quelques compagnies avec qui les deux complices ont accepté de partager leurs secrets. À Lyon, ville du cinéma, ils ont souhaité rendre hommage aux premiers temps du cinéma muet et ont imaginé, dans une ambiance crépusculaire évoquant les films d’avant-guerre, une envoûtante rhapsodie en trente-cinq tableaux inspirée de Méliès, Fritz Lang et Murnau. Depuis la première scène de départ à bord d’un transatlantique, jusqu’aux interludes pleins d’humour sur le système de communication ou les relations sentimentales du peuple d’Atvakhabar, on suit les traces de Prokop, guidé par le seul caprice du voyageur, vers un ailleurs qui est d’abord un autre espace-temps. D’incroyables costumes mi-hommes mi-bêtes et une musique façon symphonique « décalée » ajoutent à la confusion des sens.

Ce ballet total s’inscrit parfaitement dans cette école de la fantaisie à la Jules Verne dont se revendique le duo Castafiore.

Formés à l’école du chorégraphe américain Alwin Nikolaïs, un autre grand magicien des formes, les deux créateurs n’ont en effet d’autre ambition que de « réinventer le monde en s’amusant ». Autrement dit, se soustraire au désenchantement du présent et créer, sur la gestuelle suggestive de Marcia Barcellos, une féerie visuelle et sonore. 








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