Pollution aux particules : il faut se débarrasser des vieux chauffages au bois

© Xexili Foix/MaxPPP
© Xexili Foix/MaxPPP

En région Auvergne-Rhône-Alpes, le chauffage individuel au bois représente en moyenne 51 % des émissions annuelles de particules fines inférieures à 10 microns (PM10). Le renouvellement du parc de chauffage bois individuel vers des appareils moins polluants devient donc un enjeu majeur.

Par Christian Conxicoeur

Les récents épisodes de pollution aux particules fines sur les agglomérations lyonnaises, grenobloises, anneciennes et bien d'autres sont à peine passés qu'ils sont déjà (presque) oubliés. Pourtant, ces phénomènes sont très liés à nos activité humaines du quotidien : industrie, transport et ... chauffage au bois. Autant de paramètres sur lesquels on peut agir sur le long terme, à condition de le vouloir.

Côté chauffage, les particuliers sont en première ligne : en région Auvergne-Rhône-Alpes, le chauffage individuel au bois représente en moyenne 51 % des émissions annuelles de particules fines inférieures à 10 microns (PM10) et plus de 66 % des émissions de particules fines inférieures à 2,5 microns (PM2.5).
 

Faible rendement = beaucoup de poussière


Faut-il pour autant vouer à l'oubli le bois énergie ? Non, si l'on considère que c'est une ressource neutre en carbone (les arbres brûlés sont replantés et captent du carbone de l'atmosphère pendant leur vie), locale et renouvelable. Le problème, ce sont les équipements vétustes dont la température de combustion est trop basse.

Selon l'association Atmo Auvergne-Rhône-Alpes dans son inventaire 2017, 75% des particules fines inférieures à 10 microns sont issus des cheminées ouvertes ou des poêles à bois individuels anciens peu performants ( moins la température de combustion est élevée, plus il y a de poussière). A l'inverse les poêles à bois récents participent seulement au phénomène à hauteur de 11%.
 

Des installations collectives et individuelles faiblement émettrices


Les installations collectives et industrielles -pour la plupart récentes- sont elles faiblement émettrices. Elles sont soumises à des Valeurs Limites d’Émissions (VLE) réglementaires strictes et régulièrement renforcées. D'ailleurs le chauffage urbain et la combustion dans le tertiaire ne représentent qu'une part négligeable des émissions de particules en France liées au bois énergie (environ 1%).
 

Une aide au renouvellement


D'où l'intérêt, pour limiter la pollution aux particules, de promouvoir les nouveaux équipements individuels bois : c'est pour cela que le Fonds Air a été créé avec l'Ademe. C'est une aide locale de 400 à 2000€ -désormais sous condition de ressource- pour permettre aux possesseurs de cheminées ouvertes ou de chauffages bois antérieurs à 2002 de s'équiper avec des appareils performants labellisés Label Flamme Verte 7 étoiles

Bonnes nouvelle, les territoires ayant opté pour ce dispositif sont dans leur quasi totalité en région Auvergne-Rhône-Alpes.
 

Un poêle performant et ... de bonne pratiques 


L'autre volet à améliorer pour une diminution significative de la pollution aux particules, c'est la qualité du bois. Le bois doit être dépourvu d'écorce et comporter moins de 20 % d'humidité, ce qui correspond à 18 à 24 mois de séchage. En général, c'est le bois que l'on trouve chez les professionnels, mais il ne représente que 35% du bois brûlé. Le reste, c'est celui que l'on se procure en mode "débrouille" et qu l'on oublie de faire sécher suffisamment.

Enfin, il y a l'allumage. Figurez-vous qu'un allumage par le bas, à l'ancienne, est jusqu'à 6 fois plus polluant qu'un allumage ... par le haut. L'explication, c'est que le petit bois brûlé fait monter la température du foyer avant d'attaquer les bûches, ce qui augmente le rendement du poêle et fait baisser le taux de poussière. Rien compris ? allez, voilà un tuto vidéo vous explique tout.
 
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