Le député de la 5ème circonscription du Puy-de-Dôme, André Chassaigne (PCF) appelle à voter Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. Il se prépare aux législatives. Son souhait : avoir un maximum d’élus à l’Assemblée Nationale pour combattre, dit-il, ses orientations libérales.
Quelle a été votre réaction à l’annonce des résultats ?La première réaction, c’est le constat d’une véritable percée de Jean-Luc Mélenchon avec des résultats, notamment dans la circonscription en net progrès par rapport à 2012.
La seconde, c’est aussi une déception, on était très proche du but. J’ai le regret que nous ne soyons pas arrivés à construire une candidature de rassemblement, de la gauche anti-libérale, de transformation sociale, qui nous aurait permis de saisir cette chance historique d’avoir un président de la République de la vraie gauche.
Les deux candidats sont proches en terme de score, quelle est votre position ?
Pour moi, la priorité est de barrer la route à Marine Le Pen, faire en sorte qu’elle ne soit pas élue Présidente. Le pays irait vers la division, porteur de haine, voire de grands dangers au niveau international. Le seul bulletin qui reste à notre disposition est le bulletin d’Emmanuel Macron. Il ne correspond pas à mon orientation politique, je suis diamétralement opposé à ce qu’il porte. Si il est élu, ce que je souhaite face à Marine Le Pen, j'en serai un opposant déterminé, je dis bien déterminé, pour combattre ses orientations libérales.
Comment vous voyez l’avenir de la France ?
Ce que je crois, c’est que ce premier tour a bouleversé la donne. En ce qui concerne la gauche anti-libérale il faut écrire les pages de l’histoire qui arrive, écrire à plusieurs mains. C’est le premier objectif que l’on va avoir pour les élections législatives. Il faut se rassembler, avoir le plus d’élus possibles pour avoir à l’Assemblée Nationale, un groupe de députés de cette gauche anti-libérale, car nous en aurons besoin. Je crains que les orientations qui vont être prises, notamment par Emmanuel Macron aillent vers beaucoup plus de libéralisme, vers la remise en cause de nos conquêtes nationales. Cela va exiger d’avoir une résistance extrêmement forte pour s’appuyer sur la mobilisation sociale. Je crois que nous allons avoir des jours pas aussi faciles que les jours passer. Il va falloir résister, se mobiliser, ne pas laisser démolir des décennies de conquêtes sociales.
J’ai peur qu’Emmanuel Macron fasse en sorte que l’on soit un parti d’accompagnement, type parti démocrate à l’américaine. Face à cela, il faut que l’on réinvente quelque chose. Pas forcément un parti unique, mais il faut créer un front commun, un front de combat avec notre diversité, avec l’approche des Insoumis et Jean-Luc Mélenchon, des communistes, des écologistes, des socialistes de gauche. Il faut se reconstruire, il y a urgence, il ne faut pas attendre une débâcle aux prochaines législatives.