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Bourg-Lastic (63) rend hommage à ses harkis sur fond de reconnaissance nationale

Alors que le chef de l'Etat a reconnu, dimanche, "les responsabilités" de la France dans "l'abandon" des harkis, la commune de Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme) accueillait une cérémonie d'hommage en mémoire des 5 000 harkis passés ici en 1962. Des harkis qui voient dans cette annonce un premier pas.
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Réaction à Bourg-Lastic après la reconnaissance des gouvernements français dans l'abandon des harkis
Durant l’été 1962, alors que la Guerre d’Algérie se termine, plusieurs milliers de harkis, menacés sur leur terre d’origine, sont rapatriés en France. Pour eux, il y a un passage obligé : un des sept camps de transit et reclassement. L’un d’entre eux est installé à Bourg-Lastic, dans le département du Puy-de-Dôme. Ici, près de 5 000 harkis vont vivre plusieurs mois, y-compris durant l’hiver, sous les tentes du camp militaire. Onze enfants ne survivront pas à ces conditions difficiles.
 
Dans cette commune située à la frontière du Puy-de-Dôme et de la Corrèze, la « Journée nationale d’hommage aux harkis et aux autres membres des formations supplétives des armées françaises » prend un caractère particulier. Alors qu’une cérémonie d’hommage était organisée ici, François Hollande reconnaissait au même moment, aux Invalides, « les responsabilités des  gouvernements français dans l’abandon des harkis, des massacres de ceux restés en Algérie et des conditions d’accueil inhumaines des familles transférées dans les camps en France ».
 
Le Président de la République a tenu une promesse du candidat Hollande faite en 2012. A Bourg-Lastic, les représentants de la communauté des Harkis se félicitent de ce premier pas mais regrettent le calendrier. « On aurait aimé que cette promesse, il la tienne en début de mandat, pour une raison très simple : pour engager le plus important qui est la réparation », estime Mohammed Hamoumou, le fondateur de l'association AJIR pour les harkis. Mohammed Taiffour, qui préside l’association, espère que cette annonce sera suivie d’effets : « s’il y a reconnaissance d’abandon, il y a forcément un tort et qui dit tort dit préjudice. »  
 
Les harkis et leurs familles représentent 500 000 personnes en France aujourd’hui.
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