A Clermont-Ferrand, les tilleuls de la Muraille de Chine sous surveillance

A Clermont-Ferrand, près d’une cinquantaine de tilleuls ont partagé, pendant des années, le quotidien des habitants de l’ancienne Muraille de Chine. Mais cette espèce est menacée par la disparition du bâtiment et le réchauffement climatique. Ils ont donc été placés sous observation par les scientifiques de l’INRAE et des chercheurs de l’université Clermont Auvergne.

A Clermont-Ferrand, de petits boîtiers ont été installés sur des tilleuls pour mesurer leurs constantes. Sur la place sud, pas loin de l’ancienne Muraille de Chine, ces arbres sont observés nuit et jour. Thierry Ameglio, scientifique de l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), explique : « Sur cet appareil, on observe les sept derniers jours de la croissance de cet arbre. On voit que l’arbre grossit et maigrit au cours de la journée. Chaque jour, quand il se met à transpirer, vous avez une contraction du diamètre, où il maigrit et où il perd de l’eau, jusqu’à 14h00. Après, il se remet à gonfler et à remplir ses réservoirs d’eau ». 

Des tilleuls protégés jusque-là

Ici, les tilleuls ont été constamment exposés au vent et au soleil. Ils sont un peu rabougris. Au nord, la même espèce plantée le long de l’ancienne Muraille est plus majestueuse. Thierry Ameglio poursuit : « Jusqu’à maintenant, les tilleuls étaient protégés par la Muraille et ils étaient à l’ombre. Ils recevaient moins de rayonnement et moins de vent. Si vous regardez leur dimension, ces arbres sont plus développés : ils ont plus de feuilles et ils ont une plus grande canopée. Cette canopée va être soumise à un fort rayonnement, à d'importantes températures et au plein vent. Elle va beaucoup plus transpirer donc ces arbres risquent d’avoir plus de contraintes hydriques ».

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A Clermont-Ferrand, près d’une cinquantaine de tilleuls ont partagé, pendant des années, le quotidien des habitants de l’ancienne Muraille de Chine. Mais cette espèce est menacée par la disparition du bâtiment et le réchauffement climatique. Ils ont donc été placés sous observation par les scientifiques de l’INRAE et des chercheurs de l’université Clermont Auvergne. Intervenants : Thierry Ameglio, scientifique de l’INRAE / Véronique Delgado, chef de projet renouvellement Muraille Clermont Métropole ©R. Ho-A-Chuck / A. Martinez / M. Canuto

"L’arbre en ville est une nécessité"


Le tilleul est l’espèce la plus représentative de la zone. Mais à long terme, avec le réchauffement climatique, ces arbres vont dépérir et disparaître. Il va falloir réfléchir à des solutions de remplacement pour le futur parc urbain. Véronique Delgado, chef de projet renouvellement Muraille  à Clermont Auvergne Métropole, souligne : « L’arbre en ville est une nécessité. On est sur un plateau qui est très venté. Il faut vraiment qu’on réfléchisse à trouver des arbres qui soient pérennes car l’arbre a une croissance assez lente et il faut qu’il devienne un beau sujet. Il faut du temps et c’est pour cela qu’il ne faut pas se tromper d’espèce ». Le dernier pan de la Muraille devrait disparaître au cours de la semaine du 10 juillet. Il ne restera plus que quelques gravats et ces tilleuls, dernière trace de l’emplacement du bâtiment.