Clermont-Ferrand : des agriculteurs en colère investissent le péage de Gerzat

Une trentaine de tracteurs sont arrivés au péage de Gerzat, en périphérie de Clermont-Ferrand, ce mercredi 27 novembre. / © F. Gandilhon/France 3 Auvergne
Une trentaine de tracteurs sont arrivés au péage de Gerzat, en périphérie de Clermont-Ferrand, ce mercredi 27 novembre. / © F. Gandilhon/France 3 Auvergne

Près d'une centaine d'agriculteurs et une vingtaine de tracteurs ont occupé le péage de Gerzat, près de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), ce mercredi 27 novembre. Ils manifestent pour la prise en compte des coûts de production dans le prix de vente des produits agricoles.

Par Antoine Belhassen

Plus d'une vingtaine de tracteurs ont investi le péage de Gerzat en périphérie de Clermont-Ferrand, en milieu de matinée ce mercredi 27 novembre. Les agriculteurs et éleveurs, rejoints par des confrères de Haute-Loire selon le syndicat FNSEA, comptent perturber la circulation.

La vingtaine d'agriculteurs est arrivée aux environs de 10h30 et devrait occuper les lieux jusqu'à 13 heures.
En fin de matinée, les tracteurs ont bloqué la sortie du péage et n'ont laissé qu'une seule voie ouverte à la circulation. En début d'après-midi, ils doivent se rendre ensuite au siège de la Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt (DRAAF), à Lempdes (Puy-de-Dôme).

Tous sont en colère et manifestent pour la prise en compte des coûts de production dans le prix de vente des produits agricoles. Un projet porté par la loi Egalim, promulguée début novembre, mais qui n'est toujours pas respecté selon les professionnels du secteur : "C'est rageant de voir que certains aspects de la loi sont respectés, comme la mise en place des menus végétariens dans les cantines scolaires, et que d'autres points ne le sont pas", se désole Nicolas Merle, président du syndicat agricole Jeunes Agriculteurs en Auvergne-Rhône-Alpes.
 
Selon lui, la loi ne va pas assez loin : "Il n'y a pas d'obligation de contrôle, ni de pénalité pour les acheteurs. Tout le monde fait ce qu'il veut puisqu'il n'y a aucun risque. Le gouvernement a sorti une loi trop souple qui ne va pas au bout des choses", explique le syndicaliste qui témoigne de revenus de plus en plus bas dans sa profession.

D'autres actions pourraient suivre

Les agriculteurs et éleveurs s'inquiètent également de la mise en place des accords de libre-échange du CETA et avec le Mercosur. Pour Nicolas Merle, ces accords sont synonymes d'une mise en concurrence "déloyale" sur le marché français entre leurs productions et les alimentations importées et interdites à produire en France.

Les points de crispation ne s'arrêtent pas là. Dans la région, les agriculteurs et éleveurs mettent en avant les récents problèmes liés à la sécheresse, aux restrictions d'eau et aux attaques supposées des loups. Tous ces sujets devraient être évoqués, ce mercredi 27 novembre, avec les directeurs de la DRAAF et de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF).

Les agriculteurs comptent faire remonter leurs revendications au ministère. Si rien n'est fait d'autres actions pourraient suivre devant "de grandes ou moyennes surfaces et des entreprises concernées", avance Nicolas Merle.

Son syndicat a été rejoint par d'autres organisations, telles que les délégations départementales de la FNSEA en Haute-Loire, dans le Cantal, l'Allier et la Creuse. 

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