Clermont-Ferrand : au cœur de l’unité COVID long du CHU

Un hôpital de jour au CHU Louise-Michel de Cébazat, près de Clermont-Ferrand, a ouvert ses portes mi-mars afin d’aider les patients souffrant de COVID long. Depuis, les demandes affluent. Leur rééducation va durer 6 semaines.

Près de Clermont-Ferrand, les patients qui souffrent de COVID sont pris en charge dans une unité pour une durée de 6 semaines.
Près de Clermont-Ferrand, les patients qui souffrent de COVID sont pris en charge dans une unité pour une durée de 6 semaines. © Camille Da Silva / FTV

Depuis le milieu du mois de mars, à Cébazat, près de Clermont-Ferrand, un hôpital de jour a ouvert afin d’accueillir les patients souffrant de COVID long. Parmi les malades, on trouve des patients qui ont contracté le virus il y a plus de quatre mois. Ils n'ont pas développé de forme grave mais la vie d'avant semble trop loin. Essoufflement, problèmes cardiaques, impossible pour Thierry, directeur d'école, de reprendre ses fonctions. Il raconte : « Moi, c’est surtout l’essoufflement, les problèmes cardiaques, le cœur qui bat beaucoup trop vite par rapport à l’effort que je fais. Je suis très essoufflé. Je ne peux pas reprendre mon métier car je travaille en école maternelle et il faut toujours être en mouvement. Là, je n’en suis pas capable. Je suis trop fatigué. Se lever, c’est déjà un effort. On est mal dans ses baskets. Tout ce qu’on aime faire on ne peut plus. Maintenant, ça va mieux avec la rééducation, mais je me sentais très mal, comme au pied du mur.  Depuis que je suis là, les muscles reviennent, je me sens mieux, je suis bien plus optimiste ».

On leur propose dans un premier temps de remettre en mouvement leur corps

Après des mois de souffrance, ce petit groupe entrevoit enfin une lueur d'espoir. Ils sont les premiers patients COVID long en rééducation au CHU de Clermont-Ferrand. Trois demi-journées par semaine, ils se réapproprient leur corps. Eric Francon, masseur-kinésithérapeute, explique : « On leur propose dans un premier temps de remettre en mouvement leur corps. La mobilité articulaire en fait partie mais également les étirements musculaires, de façon à ce qu’ils retrouvent élasticité et aisance dans l’exécution du mouvement. L’écoute est très importante pour que les patients se sentent pris en compte et qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls. On s’assure également qu’ils retrouvent une force musculaire et une adaptation cardiorespiratoire. On agit sur la mécanique ventilatoire, c’est-à-dire la capacité de la cage thoracique. On les équipe de ceinturomètres qui permettent de mesurer la saturation en oxygène quand on leur demande des efforts un peu poussés ».
 

Ils disent qu’ils se sentent moins essoufflés et fatigués

Eloise Pouquet, enseignante en activité physique adaptée, ajoute : « L’objectif c’est de travailler le souffle par le cardio et de travailler les jambes et les bras, au niveau de la marche, comme ils ont eu une fonte musculaire. On travaille la marche avec la marche nordique, pour gagner en force, en cardio et en équilibre aussi. Ca leur montre qu’ils sont capables de faire des choses. Je leur donnerai une fiche des exercices qui pourront refaire chez eux. Ils disent qu’ils se sentent moins essoufflés et fatigués ».

Je me sens de mieux en mieux

Le quotidien des malades est rythmé par des séances de kiné, suivi d'un réentraînement à l'effort. Trois semaines après le début du programme leur état de santé est en voie d'amélioration. Bernard Quinsat, patient COVID long, souligne : « Je me sens de mieux en mieux. Je retrouve une capacité à faire les choses autant psychologique que physique. Il a fallu remettre le corps en mouvement. Le corps était comme arrêté. J’étais vraiment mal. Au bout de 3 semaines, je sens positivement l’acquisition. Je constate que mon corps s’est délié. Je suis moins essoufflé, j’ai moins de douleurs. Je me sentais comme dans une prison dans mon corps, j’avais mal au dos, aux membres inférieurs. Il y a une appréhension qui a disparu ». Entre 10 et 15% des personnes infectées seraient touchées par le COVID long. Elles sont dans l'attente interminable d'être définitivement libérée de ce virus.

 

 

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