Clermont-Ferrand : pourquoi la mairie propose deux menus végétariens par semaine dans les cantines scolaires

Depuis le mois de janvier, les cantines scolaires de Clermont-Ferrand proposent deux menus végétariens par semaine. Une décision qui vise notamment à « réduire l'impact environnemental de la consommation de viande ».

Les cantines scolaires de Clermont-Ferrand proposent deux menus végétariens par semaine, a indiqué la mairie, assurant vouloir ainsi "améliorer la qualité des repas". "Nous proposons depuis le mois de janvier deux menus végétariens, sans poisson ni viande, et cela fonctionne très bien", a déclaré mercredi 24 févrrier à l'AFP Nicolas Bonnet (EELV), adjoint en charge de la restauration à la mairie de Clermont-Ferrand. Le personnel des cantines "a été formé à la cuisine végétarienne, pour explorer de nouvelles façons d'agrémenter, de composer les plats, car il ne s'agit pas seulement de supprimer le jambon les jours où il y a purée-jambon", a-t-il ajouté, précisant que les oeufs, la crème ou le beurre étaient servis normalement.

Une décision prise avant la polémique lyonnaise                                                                  

Au menu mardi : salade demi-oeuf, paella végétarienne, Cantal et pomme. Les 33 cantines clermontoises proposent un menu unique, tout en prévoyant une alternative pour les plats à base de porc. La mairie écologiste de Lyon a créé la polémique la semaine dernière en annonçant vouloir imposer un "menu unique sans viande" dans les cantines scolaires de la ville, au nom de la lutte contre le COVID. Mais la décision de la mairie de Clermont-Ferrand avait été prise "bien avant" l'épisode lyonnais, a fait savoir l'entourage du maire PS Olivier Bianchi.

La diminution de la consommation de viande et de poisson possède de nombreuses vertus

"Si la Ville a fait le choix d'aller au-delà de ses obligations légales – qui n'imposent désormais qu'un seul repas végétarien hebdomadaire - c'est parce que la diminution de la consommation de viande et de poisson possède de nombreuses vertus", souligne la mairie dans un communiqué. Il s'agit "de réduire l'impact environnemental de la consommation de viande, mais aussi de limiter l'impact sur la santé d'une consommation excessive, source de diabète ou d'obésité", a précisé Nicolas Bonnet, mettant aussi en avant "l'éducation gustative des enfants" qui découvrent de nouveaux plats. Il a indiqué mardi 23 février sur le plateau de France 3 Auvergne : « La polémique qui s’éternise sur ce qui s’est passé à Lyon prend des proportions complètement délirantes. Lyon a décidé pour des raisons sanitaires de mettre temporairement un menu unique qui est végétarien ou à base de poisson. Habituellement les enfants peuvent choisir entre un menu carné et un menu végétarien ou poisson certains jours. Pour des raisons sanitaires, ils ont gardé le menu qui convient au plus grand nombre. Cela avait déjà été mis en place par Gérard Collomb, de La République en Marche, sur la période mai-juin. On est sur un délire total. Ce ne sont pas les écologistes qui inventent quelque chose en faisant cela ».

On fait découvrir de nouveaux goûts aux enfants, on prend plus soin de leur santé

Nicolas Bonnet ajoute : « A Clermont-Ferrand, on diversifie nos repas, on diversifie nos apports en faisant ces deux menus végétariens par semaine. On fait découvrir de nouveaux goûts aux enfants, on prend plus soin de leur santé, puisqu’aujourd’hui on surconsomme de la viande, c’est l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) qui a fait des études qui montrent que les enfants de 3 à 11 ans consomment plus de viande que ce dont ils ont besoin. On sait que c’est source de problèmes de santé derrière, de diabète, d’obésité, d’hypertension. En mettant ça en place, on prend soin de la santé des enfants et en plus on prend soin de l’environnement. L’empreinte environnementale de la viande est plus importante que celle des végétaux ».

Je ne comprends pas qu'on ne laisse pas le choix aux enfants et aux parents qui ne partagent pas forcément ces idées        

Les économies engendrées par cette nouvelle organisation seront réinvesties pour acheter des produits "de meilleure qualité", tout en favorisant le local : "Nous travaillons à privilégier les agriculteurs locaux face aux élevages intensifs et à l'importation souvent de mauvaise qualité. Ceux qui font de la qualité ont tout à gagner", assure l'adjoint. "J'attends de voir comment seront réutilisées ces économies mais le fait d'imposer un menu me gêne beaucoup. Je ne comprends pas qu'on ne laisse pas le choix aux enfants et aux parents qui ne partagent pas forcément ces idées", a réagi Sabine Tholoniat, présidente de la FNSEA du Puy-de-Dôme. La responsable syndicale s'est par ailleurs interrogée "sur la provenance exacte des protéines végétales, rien ne prouve qu'elles n'ont pas fait deux fois le tour de la terre !". La mairie de Clermont-Ferrand livre 6 000 repas par jour. Son budget "alimentation" s'élève à 1,9 million d'euros.

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