Corinne Diacre débarquée des Bleues : "C’est lamentable", pour l'ancien patron du Clermont Foot qui l'avait nommée entraîneure

Jeudi 9 mars, Corinne Diacre, sélectionneuse de l’équipe de France féminine de football, a été démise de ses fonctions. Claude Michy, ancien président du Clermont Foot, qui l’avait nommée comme entraîneure en 2014, ne comprend pas ce « lynchage ».

Corinne Diacre n’entraînera plus l’équipe de France féminine de football. Jeudi 9 mars, elle a été démise de ses fonctions, à l’issue d’une réunion du comité exécutif de la Fédération française de football. Claude Michy a été le président du Clermont Foot de 2005 à 2019. C’est lui qui a nommé Corinne Diacre au poste d’entraîneure du club en 2014, devenant ainsi la première femme à coacher une équipe masculine professionnelle en France. Il ne comprend pas qu’on débarque Corinne Diacre de la sorte : « C’est lamentable ». L'entraîneure de 48 ans, arrivée aux commandes de l'équipe de France en 2017, était sous contrat avec la FFF jusqu'en 2024 et les Jeux olympiques de Paris. Mais elle était sous pression depuis la mise en retrait de la sélection de la capitaine Wendie Renard et de deux autres vedettes, Marie-Antoinette Katoto et Kadidiatou Diani, qui ont mis en cause, sans la nommer, ses méthodes de management. "Les membres de la commission m'ont décrit une difficulté de relation au sein du groupe France entre la sélectionneuse et un certain nombre de ses joueuses", a déclaré Philippe Diallo, président par intérim, à l'issue du Comex. Claude Michy indique : « On est dans cette période où le lynchage médiatique est à la mode. Il faut respecter les gens qui sont des professionnels et qui travaillent bien ». Il poursuit : « Il y a une notion hiérarchique des choses. Un entraîneur est un entraîneur : il décide comment cela doit se passer, surtout avec les résultats qu’elle a eus, qui sont bons. Il faut savoir si on juge les gens sur leur mode de communication ou sur leurs résultats ». Pour Claude Michy, il faut prendre en considération des écoutes policières révélées par l’émission Stade 2 dimanche 5 mars : selon ces écoutes, l’ancienne joueuse du Paris-Saint-Germain et de l’équipe de France, Aminata Diallo, aurait tenté de nuire à la sélectionneuse des Bleues : « Le sujet avec les joueuses du PSG est assez simple. Corinne Diacre avait sélectionné Kheira Hamraoui, que certaines joueuses n’aimaient pas. Des écoutes de police diffusées dimanche dans Stade 2 révèlent qu’une joueuse et son agent disent qu’il va falloir dégager Corinne Diacre ».

"On verra ce qu’il se passera par la suite à la Coupe du monde"

« On est sur une action de déstabilisation qui a été mise en place. Il faut respecter les choix des membres de la fédération. Ils ont décidé que Corinne Diacre ne pouvait pas continuer. On verra ce qu’il se passera par la suite à la Coupe du monde. Résultat dans quelques temps. Mais je trouve lamentable la façon dont cela a été fait » insiste-t-il. L’ancien président du Clermont Foot défend bec et ongles le travail de Corinne Diacre : « J’ai travaillé avec Corinne Diacre. Il y a des joueurs qui n’étaient pas d’accord avec elle. Le choix que j’ai fait est qu’on s’est séparé des joueurs. Ces joueurs-là n’ont malheureusement pas fait une grande carrière derrière. Très honnêtement, je pense que c’est un problème entre femmes, qui est réglé par des hommes. Je trouve que c’est toujours un peu compliqué ».

Une personnalité qui a "du caractère"

Quand on dépeint Corinne Diacre comme un personnage rigide, Claude Michy riposte : « Corinne Diacre a du caractère sinon elle ne serait pas là où elle est. Elle est exigeante avec elle-même et avec les autres. Son objectif c’est le résultat. Elle a beaucoup travaillé, notamment en usine. Elle s’est construite et elle est arrivée à son poste de sélectionneur ». En octobre 2020, un article du magazine So Foot titrait : « Quand Corinne Diacre était la « Attila » de Clermont. Là encore, le Clermontois vient à la rescousse de son entraîneure : « Tous les articles qui sont écrits sont faits avec une pensée qui est déformée. Avec Corinne Diacre, tout s’est très bien passé. Ensuite, elle a été nommée sélectionneur national. Je lui parle souvent depuis qu’elle est partie du Clermont Foot. Il n’y a aucune reconnaissance de son travail. Les gens oublient que lorsqu’on est venus la chercher, il y avait eu un championnat d’Europe qui n’avait pas été brillant et depuis il faut regarder tous les résultats qu’elle a eus. J’ai travaillé avec elle. Je sais de quoi elle est capable et elle l’a prouvé ».

Des liens avec l'affaire Noël Le Graët 

Claude Michy se demande aussi si Corinne Diacre n’est pas une victime collatérale de l’affaire Noël Le Graët, ancien président de la FFF : « Je n’ai aucune idée de celui qui pourra succéder à Corinne Diacre. C’est le problème de la fédération. Leur choix est déjà fait. Tout cela est organisé, tout comme tout a été organisé au sujet de Noël Le Graët : aujourd’hui il n’y a aucune plainte précise qui existe devant un tribunal à son sujet. Je pense que Corinne Diacre a fait les frais de sa proximité avec lui. Ce monde du football est un monde particulier. Il y a beaucoup d’argent et beaucoup de personnes qui voulaient sa place. Ce ne sont pas des phénomènes dus au hasard ». Claude Michy confie s’entretenir souvent avec son ancien entraîneure. Il conclut : « Il faut qu’elle puisse digérer la déception car elle travaille là-dessus depuis des années. On la prive du résultat de son travail. Je pense qu’elle saura rebondir le moment venu ». On ne connaît pas encore le nom du futur entraîneur des Bleues. Certains noms circulent, comme celui de Gérard Prêcheur, actuel entraîneur de l'équipe féminine du PSG, passé quelques années plus tôt par l'OL. A quatre mois et demi de la Coupe du monde, la FFF ne devrait pas tarder à prendre une décision. Les Clermontois pourront découvrir le visage du nouveau sélectionneur à l’occasion du match amical contre la Colombie le 7 avril, au stade Gabriel-Montpied.