Coronavirus. L’achat des masques : "Un sacré budget pour les familles"

Alors que la vente des masques pour lutter contre la propagation du coronavirus débute dans les grandes surfaces lundi 4 mai, les associations de consommateurs en Auvergne-Rhône-Alpes appellent à la vigilance.

Les masques sont devenus un bien de consommation courante, disponibles même dans les grandes surfaces.
Les masques sont devenus un bien de consommation courante, disponibles même dans les grandes surfaces. © Stéphanie Para / MAXPPP
Porter un masque dans les transports en commun, dans l’espace public ou même dans un magasin, en région Auvergne-Rhône-Alpes toujours en zone orange le 4 mai pour cause de coronavirus, c’est un réflexe que beaucoup ont décidé d’adopter. Après une période marquée par la priorité donnée aux soignants, acquérir des masques représente pour les familles un nouveau budget. Les associations de consommateurs en Auvergne-Rhône-Alpes y sont très favorables mais elles posent un certain nombre de conditions.

Pour le Clermontois Daniel Bideau, vice-président de l’UFC-Que Choisir et responsable du réseau santé de l’association "C’est un sacré budget pour les familles. Il va falloir assumer sur la durée, faites le compte : 2 masques par jour minimum et par personne, à plus de 50 centimes pièce… Il faut que les prix soient les plus bas, en ce sens la fixation d’un prix maximum pour les masques à usage unique, comme pour les solutions hydroalcooliques, est une bonne chose. Pour les masques alternatifs, c’est normal qu’il y ait un coût pour rémunérer les producteurs, mais il faudrait un affichage du prix en fonction du nombre d’usages possibles, que le consommateur puisse comparer facilement. Et puis il faut que tout le monde puisse en acheter près de chez soi".

"J’habite une petite commune de Haute-Loire, il faut qu’on puisse en acheter ici aussi" dit Marie-Andrée Blanc, présidente de l’Union Nationale des Associations Familiales. "Encadrer les prix c’est important, je pense aux familles avec charge d’enfants, ça va vite être important. C’est aussi une charge pour nos associations gestionnaires de services qui interviennent à domicile. Il nous faut aussi équiper nos salariés, les mandataires de tutelles par exemple, c’est un nouveau budget à prévoir".

Attention aux arnaques

"On en a déjà vu sur internet, sur la qualité et le niveau de protection par exemple, sur les prix aussi. Il faut être extrêmement prudent" conseille Daniel Bideau. "Si le vendeur est une société française, un fabriquant local qui a intérêt à préserver sa respectabilité ou qui est adossé à une pharmacie, c’est bon signe, sinon comme pour tout achat sur internet d’ailleurs il faut s’interroger. S’agissant des ventes en magasin, pour nous il est important que les normes soient respectées, donc contrôlées".

"N’achetons pas n’importe quoi" complète Marie-Andrée Blanc, "soyez vigilants, regardez la qualité, le prix et le protocole de lavage pour les faire durer dans le temps".

Une distribution régulée ?

Il y a le cas des personnes vulnérables, surtout celles touchées par une affection de longue durée (diabète, surpoids, cancer ou autre maladie chronique). "Ces personnes-là doivent absolument se protéger" dit Daniel Bideau, "on imagine qu’on pourrait privilégier deux modes de distribution, via les pharmacies avec un suivi d’un usage raisonnable ou via les associations de malades qui assurent un suivi régulier de leurs adhérents".

"Mais surtout il ne faut pas que certains renoncent à porter des masques à cause de leur prix ou les utilisent plus longtemps que ce qui est prescrit, où serait alors l’efficacité ?"

Une responsabilité individuelle et collective

"On a toujours été pour" dit le responsable du réseau santé d’UFC-Que Choisir, "L'Etat doit orchestrer l'accès de tous à des masques fiables, cependant se protéger soi-même et protéger les autres c’est une chose que chacun doit assumer".

Nicole Rouvet, présidente du Secours Populaire dans le Puy-de-Dôme partage cet avis : "On a acheté du molleton, on a fait faire des masques en tissus autour de nous et tous les bénévoles en portent depuis 6 semaines. On demande aux gens qui viennent nous voir d’en porter, et surtout on les incite à en fabriquer à la maison. C’est à la portée de tout le monde et ça ne coûte pas bien cher. Ceux qui ne peuvent pas, on les aidera en leur en donnant".

"Si l’on veut réussir le déconfinement, il faut respecter les gestes barrières avant tout et porter le masque partout où c’est nécessaire" précise la présidente de l’Union Nationale des Associations familiales.
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