Coronavirus : à Clermont-Ferrand, les syndicats célèbrent un 1er Mai confiné

Privés de défilé du 1er Mai dans les rues de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) pour cause de coronavirus et de confinement, les syndicats ont multiplié les initiatives pour porter les revendications des travailleurs, relayées au balcon ou sur la façade des maisons.
Le mot d'ordre du 1er Mai 2020 sur un balcon à Chamalières (Puy-de-Dôme)
Le mot d'ordre du 1er Mai 2020 sur un balcon à Chamalières (Puy-de-Dôme) © Christophe Jouvante - France 3 Auvergne
Pas de cortège au départ de la place du 1er mai, symbolique lieu de rassemblement syndical à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme. "On est presque contents avec ce mauvais temps et la pluie" lâche ironiquement le secrétaire de l’Union Départementale CGT Ghislain Dugourg," mais espérons que ça ne se renouvelle pas. En pleine crise du coronavirus, il y a contradiction entre ce que voudraient le gouvernement, les gens et les préconisations du conseil scientifique".

La matinée a tout de même été ponctuée par des moments officiels comme les dépôts de gerbe devant la plaque Pax Labor dans le patio de l’Hôtel de Ville de Clermont-Ferrand d’abord par Force Ouvrière puis par la CGT et la tenue d’une visioconférence qui a mis en relation le maire et des responsables syndicaux. "D’ordinaire, on est 2 ou 300 pour ce dépôt de gerbe traditionnel" explique Frédéric Bochard, le secrétaire général Force Ouvrière Puy-de-Dôme. "Cette année on était très peu nombreux pour respecter les règles barrières, mais j’ai tenu à ce que les camarades du secteur hospitalier, les premiers de tranchées, soient là".

Un 1er Mai alternatif

Pas de militants dans les rues, mais certains aux balcons. Une nouveauté qui n’a connu qu’un demi-succès "Je n’ai pas encore accroché la mienne à cause de la pluie, mais c’est pour bientôt" disait en milieu de matinée Paco Bellouche de l’UNEF, "mais on sort du contenu alternatif toute la journée pour saturer les réseaux".

"Je suis assez réservé" précise Frédéric Bochard, "c’est s’exposer individuellement par rapport à son entourage, d’autant que des personnes ont été réprimées du côté de Toulouse pour avoir offensé le chef de l’Etat. Enfin, si critiquer son action c’est l’offenser, je dois bien le faire moi-même tous les jours. Mais on montre que l’organisation syndicale est active, présente et ne recule pas".

"De notre côté on a envoyé plusieurs milliers de messages électroniques avec des montages sur l’idée de maintenir les revendications. Même confinés le 1er mai, on affirme notre demande de retrait des modifications du Code du Travail du fait de l’urgence sanitaire, notre soutien à l’hôpital et nos inquiétudes pour la reprise dans les écoles" indique Didier Pagès, membre du bureau de Sud-Auvergne.

Cap sur le numérique

De fait, tous misent sur le numérique et les réseaux sociaux. L’UNEF a mis en ligne la conférence de presse intersyndicale virtuelle tenue le 30 avril partagée avec la CGT, FO, la FSU et Solidaires.

FO a filmé et diffusera son dépôt de gerbe à la Mairie et la prise de parole de son secrétaire général lors de la réunion de son comité exécutif limité exceptionnellement à 15 participants.  

Et les militants CGT ont endossé le rôle de Community Managers pour proposer toute une série de rendez-vous numériques pour vivre un 1er mai dématérialisé, une web radio et la mise en ligne de photos de sympathisants qui posent chez eux affichant leur revendication sur une petite pancarte.

Et puis ils y en a à qui ce défilé doit beaucoup manquer, ce sont ces militants du Nouveau Parti Anticapitaliste de Clermont-Ferrand qui ont refait la manif avec des Playmobil.
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