Coronavirus : un laboratoire vétérinaire du Puy-de-Dôme prêt à participer au dépistage du COVID 19

A proximité de Clermont-Ferrand, le laboratoire vétérinaire Terana a été réquisitionné par les pouvoirs publics pour participer à l’analyse des tests de dépistage du coronavirus COVID 19, après le déconfinement le 11 mai.

Le laboratoire certifié P2+ où seront effectuées les analyses
Le laboratoire certifié P2+ où seront effectuées les analyses © P. Felix/FTV
L’élargissement du dépistage du COVID 19 après le 11 mai est l’une des clefs pour réussir le déconfinement. Le Premier Ministre a évoqué des tests plus massifs, jusqu’à 700 000 tests par semaine pratiqués sur des personnes présentant les symptômes de la maladie, afin d’en limiter la propagation.  Mais les laboratoires d'analyses médicales pourront-ils faire face ? Un décret du 5 avril dernier permet aux laboratoires vétérinaires de leur prêter main forte. A Lempdes, dans le Puy-de-Dôme, Terana s'y prépare dans des conditions particulières.

Un laboratoire ultra sécurisé


A la demande des préfectures du Puy-de-Dôme, de la Loire et de la Haute-Loire, le laboratoire public en biologie vétérinaire Terana a été réquisitionné pour participer aux analyses des tests de dépistage du COVID 19  dans le cas où les laboratoires d’analyses biologiques humaines ne seraient pas en capacité de répondre à toutes les demandes. C’est sur le site de Lempdes, dans le Puy-de-Dôme, à proximité de Clermont-Ferrand, que ces analyses seront effectuées dans un cadre ultra sécurisé. « Nous avons quatre sites d’analyse mais celui de Lempdes est le seul certifié P2 + », explique le docteur Sylvain Naulot, directeur général de Terana.
« Nous réalisons chaque jour de nombreuses analyses sur différents échantillons d’origine animale, que ce soit du sang ou des organes, nous maitrisons les techniques qui sont les mêmes ». Le laboratoire est en effet habitué à travailler sur des germes hautement pathogènes, comme ceux de la grippe aviaire ou de la vache folle. Terana a passé une convention avec le CHU de Clermont-Ferrand, l’hôpital du Puy-en-Velay et le laboratoire Unilians. Il sera donc sous-traitant, le cas échéant. Dans ses frigos, les réactifs spécifiques au COVID sont prêts.

Cinq agents volontaires


Le laboratoire vétérinaire a redéployé ses personnels et ses équipements pour être en capacité de traiter 400 échantillons par jour dans un premier temps, avec la possibilité de passer à 800 tests quotidiens si nécessaire. Pour cela, cinq agents volontaires sont opérationnels. Ils seront équipés de la tête au pied : blouses à capuches, lunettes et masque FFP2, double paire de gants, sur-chaussures… « Tout est prévu pour assurer la sécurité de nos salariés et de l’environnement », assure Sylvain Naulot, y compris le traitement des déchets potentiellement pathogènes.
A titre expérimental, le laboratoire vétérinaire a déjà traité quelques prélèvements de cas suspects au COVID 19. Eprouvette en main, bien encapuchonnée dans son équipement de protection, Laure Souchal, technicienne, explique son travail : « J’ai inactivé le virus, je vais extraire son matériel génétique et ensuite on pourra amplifier le virus des millions de fois afin de vérifier s’il était présent dans l’échantillon de départ ».

Fiable ?


Les résultats des tests seront rendus sous 24 heures. « Nous recevrons les écouvillons anonymisés, les analyserons puis ce sera le laboratoire d’analyses médicales qui validera le process et communiquera les résultats », précise le responsable de Terana.
Interrogé sur la fiabilité de ces tests PCR, le docteur Sylvain Naulot, vétérinaire, répond : « Le problème, ce n’est pas la fiabilité du test. Le problème, c’est que nous savons que le virus reste peu de temps dans les fosses naso-pharyngées. Le prélèvement doit être fait au bon moment. Si le test est positif, il n’y a aucun doute. S’il est négatif, on peut passer à côté du virus. Il faut dans certains cas refaire d’autres prélèvements ».
Comme Terana, d’autres laboratoires vétérinaires ont été mobilisés dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Assez logique, selon le docteur Naulot qui affirme que « 60% des nouvelles maladies sont communes à l’homme et à l’animal ».
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