COVID 19 : à Clermont-Ferrand, les cliniques privées mobilisées pour la prise en charge des malades

Depuis quelques jours, les établissements privés de l’agglomération de Clermont-Ferrand sont mobilisés dans la lutte contre l’épidémie de COVID 19. Le Pôle Santé République et la clinique de la Châtaigneraie accueillent des patients COVID dans des unités dédiées.
 
Pour la première fois, des unités dédiées au COVID 19 ont été mises en place au Pôle Santé République de Clermont-Ferrand et à la clinique de la Châtaigneraie de Beaumont. Photo d'illustration.
Pour la première fois, des unités dédiées au COVID 19 ont été mises en place au Pôle Santé République de Clermont-Ferrand et à la clinique de la Châtaigneraie de Beaumont. Photo d'illustration. © FREDERICK FLORIN / AFP
C’est une véritable course de fond dans laquelle sont lancés les établissements privés de la métropole de Clermont-Ferrand. Le Pôle Santé République (PSR) de la capitale auvergnate, et la clinique de la Châtaigneraie, située à Beaumont, accueillent depuis quelques jours des patients souffrant du COVID 19. Afin de répondre de manière graduée aux besoins sanitaires, en fonction de l’évolution de l’épidémie, une organisation commune et coordonnée a été mise en place entre les cliniques privées de Clermont-Ferrand. Des unités spécifiques COVID, avec des équipes dédiées ont ainsi été mises en place dans ces établissements. Pierre de Villette, directeur du PSR, explique : « Sur le Pôle Santé République, nous avons une unité de médecine COVID de 10 lits, qui est occupée à 70%, puisque nous avons 7 patients. Nous avons décidé d’augmenter la capacité à 20 lits à partir de lundi 9 novembre ».

Une unité qui affiche complet

Isabelle L’hôpital Rose, directrice de la Châtaigneraie, précise : « A la Châtaigneraie on a ouvert une unité COVID le vendredi 30 octobre, de 13 lits. Nous sommes aujourd’hui à un taux d’occupation de 100%, avec déjà des patients qui ont pu quitter l’unité pour un retour à domicile, en EHPAD ou encore quelques jours dans notre unité de médecine. En fonction des besoins du territoire, nous avons la capacité d’augmenter notre nombre de lits dans cette unité COVID. Nous allons monter jusqu’à 25 lits dans un premier temps. Nous accueillons essentiellement des personnes âgées ».

Différents modes d'admission

Les patients qui sont pris en charge viennent de différents établissements. Isabelle L’hôpital Rose souligne : « Il y a plusieurs portes d’entrée, notamment avec le CHU, par le service des urgences. Ca peut-être aussi des hôpitaux périphériques comme l’hôpital de Riom. Ce dernier nous a adressé deux patients cet après-midi. Nous répondons aussi à la médecine de ville. Il ne faut pas que les médecins traitants se retrouvent isolés dans leur cabinet. On a une ligne téléphonique directe avec eux ». Son homologue du Pôle Santé République ajoute : « C’est la même situation pour le PSR. Des patients arrivent aussi par notre service d’urgences. Dans ces unités, on a aussi la capacité d’accueillir des patients qui sont pris en charge dans nos établissements, pour de la chirurgie ou de la médecine, mais pour d’autres pathologies, et dont on se rend compte qu’ils souffrent du COVID ».

Pas touchés par la première vague

Epargnés durant la première vague, les soignants de ces établissements privés se retrouvent en première ligne. Une situation inédite à laquelle il faut répondre. Isabelle L’hôpital Rose, directrice de la Châtaigneraie, affirme : « Concernant la première vague, nous n’avons pas été impactés. On n’a eu aucun patient COVID. Nos équipes n’ont pas été sollicitées. On a eu un groupe d’infirmiers et de soignants qui sont allés en renfort auprès d’EHPAD. Pour nous, il s’agit de la première vague d’accueil de patients COVID au sein de l’établissement ». Pierre de Villette poursuit : « Pour le PSR, lors de la première vague, nous avons upgradé des lits de surveillance continue en réanimation pour accueillir quelques patients du CHU, non COVID, pour les aides et leur permettre de recevoir des patients COVID en réanimation. Actuellement nous avons 2 lits de réanimation armés si le CHU nécessite un délestage. On a d’ailleurs accueilli en milieu d’après-midi un patient du CHU de Clermont-Ferrand ».

Nos soignants ont un état d’esprit positif

Confrontés à une nouvelle pathologie, les soignants ont dû s’adapter. Pierre de Villette confie : « Nos soignants ont un état d’esprit positif car on demande à nos personnels de faire du soin. C’est un soin particulier, un peu nouveau, qui nécessite une courbe d’apprentissage mais sur laquelle on a énormément travaillé depuis plusieurs mois, aussi bien avec les personnels soignants qu’avec les médecins ». Isabelle L’hôpital Rose, directrice de la Châtaigneraie, tient à saluer la mobilisation de l’ensemble des personnels : « Il y  a un véritable travail en équipe de la part des soignants, du personnel médical, paramédical, mais aussi des agents de service, de l’accompagnement, avec des psychologues, des diététiciennes, des cadres d’unité, de l’équipe informatique, du service logistique. C’est l’ensemble de ces équipes qui permet une prise en charge de qualité pour le COVID et le reste ».

Des personnels formés

Au Pôle Santé République, des équipes ont été formées spécifiquement. Son directeur affirme : « Pour le PSR on a formé du personnel à la réanimation car en temps normal nous ne faisons pas de réanimation, nous ne faisons que de la surveillance continue, qui est une prise en charge un peu moins lourde. Nous avons envoyé depuis plusieurs semaines du personnel soignant se former en réanimation au CHU, par anticipation de cette vague. Cinq personnes ont été formées ». Pierre de Villette rappelle la nécessité de la continuité des soins : « Il faut continuer à prendre en charge les patients, il faut continuer à diagnostiquer les patients, les dépister, notamment pour toutes les pathologies cancéreuses. Cela nécessite une capacité d’adaptation nouvelle : être à la fois en capacité de réaliser nos prises en charge habituelles mais aussi de traiter une nouvelle pathologie qu’est le COVID ».

L'importance de la continuité des soins

Il raconte : « Les prises en charge habituelles suivent leur cours dès lors que les médecins évaluent le rapport bénéfice-risque positif. Bien évidemment, sur toutes les prises en charge qui pourraient générer une perte de chance, elles sont toutes maintenues. Notre leitmotiv depuis des mois est d’être en capacité de réversibilité dans le sens où il faut qu’on soit en capacité de s’adapter le plus vite possible si toutefois on avait un afflux massif de patients COVID. C’est le principe des vases communicants ». A la clinique de la Châtaigneraie de Beaumont, l’activité peut aussi être amenée à être modulée. Sa directrice déclare : « Il y a des priorités. Il faut vraiment assurer la continuité des soins, que les patients continuent leur prise en charge médicale et chirurgicale. On se doit d’avoir un fonctionnement qui réponde à ces attentes, pour ne pas qu’il y ait une cassure dans les prises en charge, pas de retard. Il y a eu des déprogrammations importantes lors de la première vague, certains patients n’ont pas pu être pris en charge. Mais pour le cancer on a répondu à toutes les demandes, il n’y a pas eu de retard. Cela a peut-être été le cas pour d’autres types d’opérations, comme une prothèse de hanche ». Les responsables de ces cliniques privées s’attendent à des semaines difficiles et affirment être prêts à répondre aux demandes de l’Agence Régionale de Santé.
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