COVID 19 : « Laissez-nous travailler », le cri de colère des restaurateurs, cafetiers et hôteliers du Puy-de-Dôme

Vendredi 16 octobre, une quarantaine de professionnels de l’hôtellerie et de la restauration se sont rassemblés devant la préfecture du Puy-de-Dôme à Clermont-Ferrand. Depuis le début de la crise du COVID, 20% de professionnels, selon eux, auraient déposé le bilan dans le département.
 

Vendredi 16 octobre, à l'appel de l'UMIH, une quarantaine de professionnels de l'hôtellerie et de la restauration se sont donné rendez-vous devant la préfecture du Puy-de-Dôme à Clermont-Ferrand.
Vendredi 16 octobre, à l'appel de l'UMIH, une quarantaine de professionnels de l'hôtellerie et de la restauration se sont donné rendez-vous devant la préfecture du Puy-de-Dôme à Clermont-Ferrand. © Charline Collet / FTV
« Laissez-nous travailler » c’est le slogan affiché par les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration. Ils étaient une quarantaine à se rassembler ce vendredi 16 octobre devant la préfecture du Puy-de-Dôme à Clermont-Ferrand. Ce rassemblement était à l’initiative de l’UMIH, le syndicat de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie, qui compte 600 adhérents dans le Puy-de-Dôme et représente 80% des professionnels du secteur.

20 % de dépôts de bilan

Pour Alain Grégoire, président de l’UMIH Auvergne-Rhône-Alpes, l’heure est grave. Il explique : « Les professionnels du secteur ont le nez dans le guidon. Ils ne savent pas comment ils vont gérer leurs affaires. Ils n’ont aucune visibilité. Leur chiffre d’affaires s’effondre. Ils voient l’URSSAF revenir vers eux. Il y a une grande incertitude avec une rumeur de passage de Clermont-Ferrand en zone d’alerte maximale. Ils sont déjà 20% à avoir déposé le bilan ». Déposer le bilan, Vincent Lanthony, gérant d’un hôtel dans le centre-ville de Clermont-Ferrand, veut à tout prix l’éviter. Il ne cesse de regarder son planning de réservations et les annulations s’enchaînent. Il souligne : « Pour la semaine prochaine, j’ai à peu près 20 à 25% de réservations, alors qu’habituellement pour les vacances de la Toussaint, je suis entre 60 et 80% de remplissage. Je n’ai aucune visibilité et il m’est impossible de gérer mon entreprise ».

On creuse notre trou plus profondément

L’hôtelier a fait ses comptes et a enregistré une baisse de 50% de son chiffre d’affaires depuis le début de l’année 2020. Il a déjà supprimé un poste sur les 4 qu’il emploie et n’a pas eu recours aux saisonniers cet été. Vincent Lanthony ajoute : « A court terme ça va, mais la suite est très incertaine. On commence à rembourserles reports, on creuse notre trou plus profondément. Certes on a des prêts garantis par l’Etat, mais on s’endette encore plus. Quand on devra payer les reports de taxes, on sera pris à la gorge ». La perspective d’un passage de la métropole en zone d’alerte maximale et l’instauration d’un couvre-feu l’inquiètent. Vincent Lanthony confie : « Si c’est ça je ferme l’établissement et je mets 3 personnes au chômage. Avec la réception à assurer du matin au soir, il faut être présent mais ça m’occasionne trop de charges. Je fermerai pour rouvrir au printemps, en me transformant en Airbnb : j’aurai moins de charges et moins de risques ».

Des propositions formulées par l'UMIH

L’UMIH a formulé un certain nombre de propositions pour venir en aide au secteur touché par la crise sanitaire. Alain Grégoire indique : « On a 4 niveaux de demandes d’aides pour lesquelles on n’a eu aucune réponse. La première est l’exonération totale des charges sociales pour les entreprises jusqu’à la fin du COVID. La deuxième est le maintien de l’activité partielle pour les salariés jusqu’à la fin du COVID. La troisième est la prise en charge des loyers à hauteur de 50% pour les locataires de murs. Enfin, la dernière est la prise en charge des pertes d’exploitations. Dans le Puy-de-Dôme, ça représente 20 millions d’euros ». Les responsables de l’UMIH espèrent être entendus et donnent rendez-vous vendredi prochain pour une nouvelle mobilisation. Un rassemblement de taille est aussi prévu le 2 novembre à Lyon devant la préfecture de Région.
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