De la raffinerie à la pompe : le parcours du carburant jusque dans votre réservoir

Avant d’arriver jusque dans les véhicules, l’essence et le gasoil passent par plusieurs étapes : raffineries, dépôts, voici le parcours du carburant jusqu’à la pompe à essence.

Avec la pénurie liée au mouvement de grève, le carburant est parfois une denrée rare. Si certaines raffineries redémarrent, on ne peut pas attendre un retour à la normale immédiat. En effet, avant d’arriver dans les réservoirs, l’essence et le gasoil doivent passer par plusieurs points : “Dans le parcours du carburant, vous avez 3 étapes majeures. D'abord bien entendu, la production du carburant puis le stockage du carburant raffiné, prêt à l'emploi, dans les dépôts de raffinerie. Ensuite il y a le transport de ces carburants jusqu'aux dépôts, dépôts primaires et dépôts secondaires. De là, sont stockés en territoire les essences, les diesels, etc, qui attendent de partir vers les stations-service avec, dans la majorité des cas, des camions qui sont des camions de 36 000 litres en moyenne. Ils vont après approvisionner les stations”, explique Francis Pousse, président national des stations-service au sein du syndicat des métiers de l’automobile. 

Un blocage au début de la chaîne

C’est au niveau de la première étape que le blocage a lieu : “Ça bloquait à la source, c'est à dire au niveau des dépôts de raffinerie qui sont des stockages très importants et qui n'alimentaient plus les dépôts français. Donc il fallait travailler par importation, soit par bateau soit par camion. On fait venir des camions de la Belgique pour alimenter le nord de la région parisienne. C'est un temps de conduite important. Il fallait même parfois 2 chauffeurs”, explique Francis Pousse. 

Quelque 200 dépôts en France

Entre le moment où on rentre un baril de brut dans une raffinerie et le moment où le carburant arrive à la pompe, il y a environ une dizaine de jours, au moins : “Il ne faut pas comparer ça à la crise actuelle. Nos dépôts de raffinerie étaient plutôt pleins puisqu'il y a eu des blocages. Le dépôt est justement un stock tampon entre le temps de production et le fait d'avoir un carburant à disposition”, indique le spécialiste. “Ce carburant en dépôt depuis plusieurs jours est acheminé via de gros tuyaux enterrés, sur des dépôts principaux. Ensuite, de ces dépôts principaux, on va irriguer les dépôts secondaires. Je rappelle qu’il y a 200 dépôts en France, de façon à être au plus près des stations-service.” 

"On ne part pas complet, parfois on ne monte qu’avec 20 000 litres"

Dans ces dépôts, les transporteurs rencontrent encore des difficultés. C’est le cas de Redouane Benmalek, qui a lui aussi du mal à être approvisionné : “C’est très difficile. On se lève le matin de bonne heure mais pour charger c’est compliqué. Il y a un dépôt à Lyon qui assure le chargement mais il y a beaucoup de monde. On se lève à minuit, une heure du matin car il y a beaucoup d’attente, 2 à 3 heures pour charger un camion. Il manque toujours du produit.” A cause de cette pénurie, il ne peut pas toujours charger complétement son camion : “On ne part pas complet, parfois on ne monte qu’avec 20 000 litres. Aujourd’hui, je n’ai même pas pu ramener de Sans Plomb 98 car il n’y en avait pas au dépôt.” Son véhicule peut transporter jusqu’à 38 000 litres de carburant, mais ce jeudi 20 octobre, il n’a pas pu le remplir : “Aujourd’hui, j’ai chargé à 24 000.”  Redouane Benmalek fait partie des nombreux collaborateurs qui composent la chaîne d’approvisionnement en carburant. “Vous avez des employés de raffinerie à différents postes, au bout du bout, ceux qui envoient justement dans les dépôts. Après, vous avez des employés des dépôts qui sont là pour veiller essentiellement à la sécurité, et ensuite les chauffeurs des camions qui sont des transporteurs privés et qui, tous les jours, travaillent pour différents grossistes pour acheminer l'essence et le gasoil en station. Et au bout du bout, bien évidemment, votre pompiste préféré”, explique Francis Pousse. 

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"On estime entre 5 à 10 jours le fait de revenir à un niveau normal"

Francis Pousse annonçait, il y a un peu plus d'une semaine, qu'il fallait 10 à 20 jours pour retrouver un niveau normal en station-service : “Même si ça n'a pas été fluide depuis une dizaine de jours, on a quand même commencé à envoyer du carburant dans les fameux dépôts principaux. Là, la machine est déjà lancée. Si vous me demandez à partir d'aujourd'hui, on estime entre 5 à 10 jours le retour à un niveau normal. Mais avant le niveau normal, dans quelques jours, on sera déjà à 80, 90% de remplissage des stations-service, avec ça et là, effectivement, encore quelques difficultés puisque c'est une grosse mécanique. Mais le tout va dans le bon sens et cela veut dire que les vacances devraient bien se passer.” Pour les transporteurs de carburant comme Redouane, la situation devrait également se débloquer, selon Francis Pousse : “A partir du moment où les 200 dépôts reviennent à un stock normal, les camions qui étaient concentrés sur moins de dépôts dans cette période de crise parce que certains n'étaient pas disponibles, vont se redisséminer sur l'ensemble des dépôts. A ce moment-là, les heures d'attente n'existeront quasiment plus.” Selon lui, les dépôts sont déjà mieux alimentés et la situation va s'arranger.  

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