De la République Démocratique du Congo à Clermont-Ferrand, l’histoire émouvante du petit Rachete, malade du cœur

Publié le
Écrit par manale makhchoun .

C’est le fruit d’une longue chaîne de solidarité qui va au-delà des frontières. La vie de Rachete ne tenait qu'à un fil. Grâce à l'association l’Auvergne pour un Enfant, le petit garçon, qui souffrait d'une maladie du cœur, a été sauvé. Il a pu être soigné, en partie, à Clermont-Ferrand où il a trouvé du réconfort auprès d’une famille d'accueil. Elle nous fait le récit de son touchant parcours.

Sur la table près de 200 photos sont éparpillées, retraçant les moments forts du petit Rachete auprès de Claudie et Jean-Claude, « ses grand-parents adoptifs » comme ils aiment à se nommer. « Quand il vous prend dans les bras, il ne vous lâche plus », sourit Claudie, tenant une photo d’elle et du petit Rachete. Les yeux sont encore brillants en évoquant son nom.

Rachete est un jeune garçon de 4 ans et demi qui souffrait d'une grave maladie du cœur. Atteint de la tétralogie de Fallot - une malformation cardiaque - ses jours étaient comptés. Dans la clinique de Lubumbashi, au Sud de la République Démocratique du Congo, d'où Rachete est originaire, les cardiologues qui le suivaient, ne pouvaient pas l'opérer sur place. Mais grâce à la solidarité mise en place par l'association L'Auvergne pour un Enfant, le jeune garçon a pu être opéré en France et être sauvé.

Depuis plus de vingt ans, l'association  L'Auvergne pour un Enfant accueille et permet de soigner une douzaine d'enfants chaque année venus d’une vingtaine de pays, essentiellement d'Afrique. Rachete est le 200e enfant malade du cœur accueilli par des bénévoles. Parmi ces familles d'accueil : Claudie et Jean-Claude. 

« On était investis à 200% » 

Pendant près de six semaines, le couple s’est relayé quotidiennement, 24h/24, 7j/7, au chevet de Rachete, entouré par une équipe médicale « extraordinaire ». « On se relayait jour et nuit à l'hôpital pour le rassurer. On ne voulait surtout pas le laisser seul» indiquent-ils.  

Quelques jours après son arrivée, Rachete a dû être hospitalisé et passer dix jours en réanimation au CHU Estaing, à Clermont- Ferrand : « On était très inquiets ce jour-là. Mais Rachete, lui, était plutôt serein. Il s'en est bien sorti », note Claudie. Le couple emmenait, chaque jour, le jeune garçon au CHU clermontois pour effectuer une batterie de tests et de contrôles, jusqu'à l'opération à cœur ouvert à l'hôpital Louis Pradel, à Bron, près de Lyon. « Cette action n'aura pas été possible sans l'aide du CHU Estaing qui décide chaque année de prendre en charge 5 enfants de l'association, gratuitement.», souligne Olivier Letellier, vice-président de l'association. 

Située à plus de 10 000 km de là, on peine à imaginer le courage qu’il a fallu à cette mère qui élève seule son enfant : « Il fallait tout de suite la rassurer. On était le seul lien avec son fils », indique Claudie.  Alors, le couple envoyait quotidiennement, sur WhatsApp, des photos de sa convalescence et des « petites victoires » de Rachete à sa maman : ses deux premières dents tombées, son séjour à la mer et son idylle avec sa petite amoureuse Olivia - venue elle aussi de Lubumbashi pour être soignée. « On se devait de l’accompagner de la meilleure des manières. On était investis à 200% », ajoute le couple.

Parmi tous ces souvenirs, c’est le visage radieux du jeune garçon, qui reste marquant pour le couple bénévole. Sur chacune des 200 photos, Rachete arbore, à chaque fois, un fier sourire.

Mais derrière cette allure de vaillant petit enfant, la crainte était bien présente chez le petit garçon. « Il fallait sans cesse le rassurer. Il ne pouvait pas dormir seul », assure Jean-Claude. Bien qu'il se soit rapidement adapté à cette parenthèse auvergnate dans sa vie, Rachete semblait être marqué par les souvenirs de son passé à Lubumbashi : « Une fois, le voisin décide de démarrer la tondeuse. On le voit courir à toute vitesse, se cacher dans la cuisine et ne plus bouger. On pense qu'il a cru à des tirs de fusil. Il vivait dans un milieu assez répressif», se souvient Claudie.

« Vous avez sauvé la vie de mon fils »

« En participant à cette aventure, on aurait jamais imaginé qu’il (Rachete) laisserait une trace indélébile dans nos vies », confie Claudie. C’était une première pour le couple, mais qui fut le fruit d’une volonté qui a toujours été présente : « J'ai travaillé 30 ans en pédiatrie, ça m'a semblé tout naturel de sauter le pas », explique Claudie. 

Cette expérience laissera, pour le petit Rachete aussi, une trace immuable : « Les adieux ont été déchirants. Il ne croyait pas partir. Il pensait qu’on se reverrait.», confient les jeunes retraités.

Le 7 juillet, Rachete a enfin pu retrouver sa mère qui l'attendait avec impatience à l’aéroport. La télévision locale avait même fait spécialement le déplacement pour couvrir ces retrouvailles. Jean-Claude se souvient de ces images : « Elle dit, à la caméra, en s’adressant à nous: ‘Vous avez sauvé la vie de mon fils’ », se remémore-t-il les larmes aux yeux. « Cette phrase a été bouleversante pour moi ». 

«Sans l'aide des bénévoles, cette action n'aurait probablement jamais eu lieu.», insiste Olivier Letellier. Pour continuer à pérenniser ses œuvres de solidarité, l'association compte sur le soutien des mécènes et donateurs : « Plusieurs galas de charité sont organisés cet automne, en notre faveur. Nous comptons beaucoup sur cela», ajoute le vice-président. Des évènements qui pourraient aider l'association à financer la prise en charge médicale et le voyage qui représentent un coût « estimé à 12 000 euros ».

Aujourd’hui, le couple reste en contact quotidien avec Rachete et sa maman. Des dizaines de messages, de photos et vidéos sont envoyés chaque jour via les réseaux sociaux. En nous montrant la vidéo du premier jour d'école de Rachete, Claudie en est convaincue : « Un avenir brillant l'attend ». Comme il le leur a promis avant de repartir auprès des siens : « Plus tard, je serai cardiologue »

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