Drag Queen, il représente Clermont-Ferrand dans l’émission Drag Race : “ Je suis fier de faire partie des pionniers”

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Écrit par Solenne Barlot

L’émission Drag Race commencera le 25 juin sur France.tv Slash. Parmi les candidats, Hugo Bardin, originaire de Clermont-Ferrand, et son personnage Paloma. L’artiste nous raconte son parcours et ses ambitions dans la compétition.

“Je m'appelle Hugo Bardin, enfin, je m'appelle Paloma.” Dans quelques jours, Paloma, originaire de Clermont-Ferrand, participera à l’émission “Drag Race”, un jeu télévisé mettant en compétition des Drag Queens. Hugo Bardin a 31 ans et représentera Clermont Ferrand qu’il a quittée il y a 13 ans pour s’installer à Paris. Comédien, il a commencé à se prendre de passion pour le drag à la Comédie de Clermont : “C'était en 2008 je crois, et ça m'a trop plu. Après, j’ai arrêté parce que j'ai fait du théâtre à Paris et que, bien entendu, il faut être très sérieux. J’ai repris le drag il y a 4 ans.”

"Le drag réunit tout"

Le drag est pour lui un moyen d’expression artistique : “Ce qui m'a attiré, c'est le côté pluridisciplinaire. Je suis un touche-à-tout. J'ai un parcours atypique. Dans le théâtre, je fais de la réalisation, je joue, je suis costumier, je fais des perruques. Je faisais déjà beaucoup de choses diverses et variées dans le milieu du spectacle. J'avais du mal à m'y fixer, j'avais envie de tout faire. Le drag réunit tout”. Il se sert du personnage de Paloma pour vivre sa passion pour le théâtre : “Quand j'ai commencé à travailler, j'avais 19 ans, 20 ans. Quand on n'est pas un garçon très viril et qu'on ne correspond pas aux clichés d'une virilité, c'est très difficile de trouver du travail dans ce métier parce que les gens n’ont aucune imagination. Quand vous êtes un peu différent de ce qu'on attend du jeune premier, automatiquement, soit on vous met dans des rôles caricaturaux, soit on ne vous distribue pas du tout. Moi, j'en avais marre de subir ça. “

"On se crée une espèce de super-héros"

Paloma lui sert de base, il crée un environnement pour faire valoir d’autres talents. “J’ai toujours aimé me transformer, j’ai toujours aimé le cabaret, la féminité... Le drag, c'est un truc qui me trotte en tête depuis très longtemps. Ce qui est génial, c'est qu'on se crée un personnage qu'on invente, qui correspond parfois à certains clichés mais qui est une réponse, justement à cette normalisation de la société qui veut qu'un garçon, c'est comme ci et comme ça. On se crée une espèce de super héros qui sert de structure pour faire plein d’autres choses.” Paloma se définit comme une comédie Queen, mais pas seulement : “Je suis curieux de tout. Il y a un aspect mode qui est de plus en plus présent. C’est devenu à la mode, le drag, avec RuPaul, cette émission qui cartonne outre-Atlantique et partout dans le monde. On voit de plus en plus de Drag Queens dans les défilés, c'est devenu branché. Maintenant, je peux faire plein de choses.”

Avant, devenir Paloma lui prenait 3 heures. Désormais, il a divisé ce temps par 2. C’est également un certain budget pour Hugo Bardin : “ C'est une des disciplines artistiques les plus coûteuses parce qu’on doit tout faire, perruques, costumes, maquillage... C'est une des raisons pour lesquelles j'ai participé à l'émission. Il y a encore un manque de connaissance et de visibilité autour de cet art. J’ai envie que ça change et que demain, il y ait plus d'opportunités professionnelles et que ce soit moins une charge financière.” Derrière l’aspect artistique se cache une volonté politique : “J'aime investir dans mon drag parce que j'aime que ce soit parfait. D’autres vont être beaucoup plus rock'n'roll, c’est un choix de drag. Historiquement, on n’est pas des cintres, on est des porte-drapeaux dans les manifestations. Le drag est une volonté politique. Moi j'ai décidé, en plus de cela, d'être visuellement abouti, même si c'est très subjectif. J’ai envie d'être impeccable. Ça me rassure que mon personnage soit parfait, mais ça peut aussi passer par d'autres choses que par le look.”

Quand j'avais 10 ans, je n’avais pas de modèle à la télévision, je n'avais pas de personnage à qui m'identifier.

Hugo Bardin

Hugo Bardin compte bien gagner Drag Race, mais pas seulement : ”J'ai envie de faire connaître Paloma, mon personnage, j'ai envie de faire connaître Hugo, l’artiste qui est derrière. Mais au-delà de mes petits enjeux personnels qui sont dérisoires et pas très intéressants, je trouve ça essentiel qu'en 2022 on mette une émission sur le service public avec des personnages queers, issus de la communauté LGBTQ+. On est invisibles dans les médias. Moi, j'ai grandi dans les années 90, et quand j'avais 10 ans, je n’avais pas de modèle à la télévision, je n'avais pas de personnage à qui m'identifier.” 

Il est fier de participer à cette émission : “On n’est pas des caricatures. Il y a 10 personnalités différentes avec des histoires différentes, des parcours de vie différents et je trouve ça hyper important. Je salue le service public de le faire parce que c'est inédit et je suis très fier de faire partie des pionniers.” Vous pourrez retrouver Paloma et toutes les autres candidates dès le 25 juin sur France.tv Slash. Les participantes s’affronteront dans des épreuves mêlant chant, danse, mode et comédie.