Gilets jaunes : comment Clermont-Ferrand se prépare à recevoir la manifestation nationale du 23 février

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Pour le quinzième samedi de mobilisation consécutif, des gilets jaunes de toute la France pourraient converger vers Clermont-Ferrand le 23 février. Les forces de l’ordre se préparent à recevoir un grand nombre de manifestants, ainsi qu’à la possible présence de casseurs.

Une vague jaune à Clermont-Ferrand le 23 février ? C’est une éventualité à laquelle se prépare la ville, préfecture du Puy-de-Dôme, qui pourrait recevoir des gilets jaunes venus de toute la France pour un quinzième samedi de mobilisation.

Depuis plusieurs jours, la rumeur enfle sur les réseaux sociaux, et est désormais prise au sérieux par les autorités. L’Auvergne pourrait être l’épicentre du quinzième rassemblement national des gilets jaunes prévu le 23 février. "Il serait irresponsable de ne pas se préparer, alors on le fait avec toutes les parties prenantes pour s’organiser au mieux", explique-t-on à la préfecture du Puy-de-Dôme. "Je prends tout cela très au sérieux, abonde le maire PS de Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi, nous mettrons en place tout ce qu'il faut pour permettre à ceux qui veulent manifester de le faire dans le calme, tout en faisant le nécessaire pour protéger les commerçants et les passants de tout débordement."

"Le problème, ce sera plutôt les casseurs"

Tous les week-ends depuis le 17 novembre 2018, des manifestants en gilets jaunes défilent dans Clermont-Ferrand ou en périphérie de la ville. Dans la grande majorité des cas, ces mobilisations se sont déroulées sans accrocs majeurs, et de manière de pacifique. Une situation qui pourrait changer pour ce quinzième samedi de manifestation. Au sein de la préfecture, on estime que "Ce qui va être déterminant, ce sont les profils des personnes qui vont arriver de l’extérieur, avec potentiellement la volonté d’en découdre".

Le maire de Clermont-Ferrand s'attend pour sa part à recevoir "de 3 000 à 10 000 manifestants", mais ce ne sont pas eux qui l'inquiètent particulièrement. "Les gilets jaunes auvergnats ont déjà démontré leur intelligence, ils n'ont pas « bordélisé », je suis assez confiant en ce qui les concerne, confie Olivier Bianchi, le problème ce sera plutôt les casseurs, d'ultra gauche ou d'ultra droite, venus d'ailleurs."

La municipalité, la préfecture et les forces de l'ordre, travaillent à la préparation d'un dispositif de sécurité, qui sera présenté quelques jours avant la manifestation. "On étudie tout ce qui doit être mis en oeuvre pour pouvoir subir l'évènement sans accuser trop de dégats", assure le maire. Une réunion est prévue le 18 février avec la chambre de commerce et d'industrie du Puy-de-Dôme afin d'informer commerçants et chefs d'entreprises.

"On peut faire remonter sa colère sans casser méthodiquement les centres-villes"

Même si les manifestations clermontoises se sont montrées jusqu’à maintenant pacifiques, elles n’en sont pas moins devenues un cauchemar pour les commerçants. Et ce 23 février ne sera pas différent selon Alban Pereira, président de la fédération de commerçants de Clermont-Ferrand. Dans l’après-midi du 13 février, il a participé à une réunion de travail organisée avec la préfecture en prévision de cette journée de mobilisation. « De nombreux commerçants vont à nouveau devoir fermer leurs portes et s’asseoir sur un chiffre d’affaires qu’ils ne rattraperont pas, certains s’interrogent sur la possibilité de baisser définitivement le rideau, d’autres ont déjà eu recours au chômage technique », déplore-t-il. Le président Clermont Commerce insiste toutefois sur sa volonté de différencier gilets jaunes et casseurs. « On ne peut pas jeter la pierre aux gilets jaunes qui se battent pour leur pouvoir d’achat, on peut comprendre que certains aient dépassé un seuil de tolérance, estime-t-il, par contre il ne faut pas apporter de l’eau au moulin des casseurs qui veulent renverser un gouvernement, on peut faire remonter sa colère sans casser méthodiquement les centres-villes. »

À dix jours de cette possible mobilisation nationale, Alban Pereira, garde espoir que cette manifestation puisse de dérouler ailleurs. Ou mieux encore, « Faisons une trêve, essayons de voir comment on peut travailler tous ensemble. »