Internet : où en est le très haut débit en Auvergne ?

Vendredi 2 octobre, à Clermont-Ferrand, le PDG d'Orange était en visite.  Il a fait le point sur la couverture très haut débit avec le président de Région Laurent Wauquiez. D'après l'opérateur, tout le monde devrait être couvert en Auvergne à la fin de l'année 2022.

En Auvergne, la fibre sera déployée en Auvergne fin 2022 au lieu de fin 2025.
En Auvergne, la fibre sera déployée en Auvergne fin 2022 au lieu de fin 2025. © Rémy PERRIN / MAXPPP
Vendredi 2 octobre, Stéphane Richard, le PDG d’Orange était en déplacement à Clermont-Ferrand. Il est venu faire des annonces concernant le très haut débit. Il y a un an et demi seulement, ce n'était pas la même ambiance. A Gannat, en avril 2019, le président (LR) de la Région Auvergne-Rhône-Alpes trouvait que le déploiement du très haut débit n'allait pas assez vite. Il avait alors négocié un accord avec le PDG d'Orange pour accélérer la cadence. Un an et demi plus tard, Laurent Wauquiez se dit satisfait : "Le résultat est qu'on a réussi à obtenir quasiment 50 000 prises de plus pour la fibre, qu'Orange va tenir avec un an d'avance l'objectif assigné de 250 pylônes supplémentaires permettant d'avoir de l'accès à la 4G, qu'on a pu couvrir toute une série de nos zones d'activités qui étaient en besoin et qu'on s'achemine vers 3 ans de gain de temps pour finir nos engagements d'ici à 2022".

Objectif fin 2022


Aujourd'hui, la carte de la fibre en Auvergne, c'est encore un gruyère avec beaucoup de trous. Mais d'après Orange et la Région Auvergne-Rhône-Alpes, ce sera bientôt du passé. Sur le fixe, tout le monde devrait être raccordé fin 2022. Avec de la fibre pour 9 foyers sur 10, du satellite et de la 4G pour les autres. Stéphane Richard, PDG d'Orange indique : "On a pris des engagements. Je suis venu dire ici qu'on les tient. On fait un point d'étape. Que ce soit dans le fixe, avec la fibre ou le mobile, avec le programme de résorption des zones blanches et le passage de l'ensemble du réseau Orange en 4G, avec un an d'avance sur les délais fixés, je crois qu'Orange est au rendez-vous". Même le retard pris pendant le confinement devrait être rattrapé. Alors que les installateurs avaient pris entre 8 et 10 000 prises de retard sur le calendrier, l'objectif 2022 devrait quand même être tenu.
 

Le cas de Jou-sou-Monjou

Même si la situation s'améliore pour certains habitants en Auvergne, d'autres ont le sentiment que cela ne va pas assez vite. C'est le cas notamment à Jou-sous-Monjou, petite commune de 104 habitants du Cantal. Claude Courbeyrotte, maire de la commune indique : « On vient juste d’avoir la 4G depuis 3-4 mois ». Si les téléphones mobiles affichent désormais du réseau, c'est grâce à un pylône, qu'aucun opérateur ne voulait financer. Fabien Miedzianowski, directeur général adjoint du Conseil départemental du Cantal souligne : « Si le Département n’avait pas investi à Jou-sous-Monjou autour de 130 000 euros pour la construction d’un pylône, aujourd’hui les habitants ne pourraient toujours pas téléphoner avec leur téléphone mobile ».

4 millions d'euros

Dans le Cantal, 100 communes ont dû être équipées de la même manière, pour une enveloppe de 4 millions d'euros. Une fois le pylône construit, les opérateurs ont l'obligation d'y installer une antenne. Pour que le réseau arrive jusqu'à Jou-sous-Monjou, il a fallu attendre février dernier. Et ce n'est pas le seul problème de la commune, car des soucis de connexion subsistent. Pour Norman, chef d'entreprise, impossible de télétravailler. Car ici, le débit Internet atteint par endroit à peine 1 méga. Norman Delis, chef d'entreprise, explique : « Aujourd’hui je fais un petit peu comme je peux c’est-à-dire que je descends en journée chez mes beaux-parents en centre-bourg justement où je travaille sur un coin de table dans une chambre. J’arrive difficilement à donner mon cours, en espérant que ça ne me lâche pas pendant la journée, que la connexion ne s’interrrompe pas. Ça a un impact assez important ».
Dans le Cantal, à Jou-sous-Monjou, la 4G est enfin arrivée il y a quelques mois.
Dans le Cantal, à Jou-sous-Monjou, la 4G est enfin arrivée il y a quelques mois. © L. Théodore / FTV

Des élus démunis

Mais là encore, la petite commune est démunie. Car aucun opérateur ne l'a jugée attractive pour y installer la fibre optique. Claude Courbeyrotte, maire de la commune continue : « C’est toujours le maire qui est en point de mire devant toutes ces difficultés. On fait ce que l’on peut ». Philippe Jaquet, premier adjoint de la commune précise : « On n’a pas de levier pour faire avancer les choses ». Claude Courbeyrotte  conclut : « On subit ». Il faudra donc faire preuve de patience, pour voir l'Internet à très haut débit arriver jusqu'ici.


 

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