J’ai testé pour vous : entretenir et réparer sa voiture soi-même à Clermont-Ferrand

Avec aucune connaissance en mécanique, je vous ai prouvé que tout le monde peut entretenir et réparer sa voiture. Il faut juste avoir les bons outils et les bons conseils, c'est le cas avec l'association APIMA à Clermont-Ferrand. / © AA / France 3 Auvergne
Avec aucune connaissance en mécanique, je vous ai prouvé que tout le monde peut entretenir et réparer sa voiture. Il faut juste avoir les bons outils et les bons conseils, c'est le cas avec l'association APIMA à Clermont-Ferrand. / © AA / France 3 Auvergne

Faire soi-même l’entretien et la réparation de sa voiture, c'est possible ! Je vous le prouve avec ce nouveau "J'ai testé pour vous". Pour ça je me suis faite aider par l’association APIMA à Clermont-Ferrand. 

Par Aurélie Albert

Pour ce nouveau, « J’ai testé pour vous », je me suis sali les mains pour vous montrer que faire de la mécanique et l’entretien de sa voiture, c’est possible pour tout le monde. 
 

Objectif : connaître et entretenir sa voiture

Je suis donc allée à l’APIMA, l’association populaire d’initiation à la mécanique automobile, un garage collaboratif, dans l’agglomération de Clermont-Ferrand. L’association a été créée en 1983 par 10 passionnés. L’objectif est d’apprendre à connaître et entretenir sa voiture. Et c’est ce que nous allons voir pendant cette journée. Nous allons nous attaquer aux freins et nous allons donc changer les disques et les plaquettes de frein avant d’une Renault Twingo. 

La journée commence à 9 heures pour la répartition des tâches et des ponts. Aurélien Struve, technicien permanent, m’accompagnera dans cette réparation. Pour le présenter, c’est un passionné de mécanique. Très jeune, il démontait les tondeuses pour les remonter. À sa première voiture, il a changé le moteur. Après être parti d’Auvergne pour être chimiste, il revient et redevient adhérent à l’APIMA. Au même moment, un poste de technicien permanent se libère et Aurélien décide alors de se lancer. 
  

Changer les disques et les plaquettes de frein

Après avoir fait les présentations, revenons à nos réparations ! « Pour savoir si vos freins sont usés, déjà il y a le bruit. Si les plaquettes sont usées, elles vont frotter contre le métal et faire du bruit. Sinon on peut vérifier le liquide de frein aussi, il ne faut pas qu’il baisse », m’explique Aurélien. Effectivement, une espèce de grincement se faisait déjà entendre depuis plusieurs semaines et en regardant de plus près les disques et les plaquettes étaient très usés. Autre chose à savoir : il faut toujours changer les freins par deux, de manière symétrique.
 

Avant de monter les nouveaux freins, il faut tout démonter bien entendu. Attention pour démonter une roue : dévisser légèrement toutes les vis, d’abord les deux en diagonale, et les enlever après. 
La roue enlevée ou "déposée" dans le langage automobile, il faut retirer l’étrier de frein, son support, et enfin, il faut débloquer les disques usés. Mais après avoir tout enlevé, il faut faire un petit peu de nettoyage pour remettre les nouveaux disques sur un bon support, les vis également. Pour ça, je vais utiliser un masque et une brosse métallique. Je vais vous épargner tous les détails du démontage. Mais après quelques heures de nettoyage, de démontage, et un nouveau maquillage de cambouis, je suis arrivée à bout des disques et des plaquettes de frein. 
 

 

On apprend et on fait des économies !

Il est déjà 12 h 30, l’heure de déjeuner ! Mais à l’APIMA on ne mange pas chacun de son côté. Chacun donne un peu d’argent et quelqu’un prépare à manger dans la cuisine du garage une partie de la matinée. Lorsqu’on devient adhérent à l’association, chacun peut mettre un peu la main à la pâte mais pas que dans la mécanique : on peut faire de l’administratif, préparer le déjeuner, proposer des ateliers, etc. À l’APIMA, c’est surtout une histoire d’entraide. 
Justement, on en parle pendant le déjeuner : « Le but, il est d’apprendre à réparer soi-même son véhicule sans déléguer à un garagiste. Les permanents ne doivent pas se salir les mains normalement, ils sont là pour nous conseiller, nous apprendre et vérifier. Au-delà de faire des économies, on apprend comment ça fonctionne », insiste Alex Nikolic, adhérent depuis 16 ans. 

À côté de lui, Dominique Chappuy est lui adhérent depuis deux ans. Il est venu aujourd’hui, pour ses disques et ses plaquettes de frein. Mais il me raconte « Pour changer la courroie de distribution, c’est environ 800 euros dans un garage. Une courroie de distribution quand tu l’achètes ça coûte 100 euros environ. Donc quand tu la changes toi, tu gagnes quelques centaines d’euros et tu rembourses en une fois ton adhésion à l’APIMA »
 

 

La mécanique n'est pas seulement une histoire d'homme

Il faut savoir que l’adhésion se fait à l’année. C’est plus ou moins 42 euros par mois. Et vous pouvez venir quand vous voulez faire vos réparations, mais il faut bien sûr prendre rendez-vous pour tout travail sur le véhicule. L’outillage et l’équipement ne sont pas illimités : l’APIMA dispose de six postes de travail, de ponts élévateurs, matériels de diagnostic, containers de recyclage, coins à boulon, etc. 
Ce qui ne se fait pas à l’association, c’est la carrosserie, les pneumatiques ou encore le dépannage sur le lieu de la panne de la voiture. 
 


Ce jour-là, je suis la seule représentante de la gent féminine dans le garage, du coup je me demande si beaucoup de femmes deviennent adhérentes. « Je ne dirais pas qu’il y a autant de femmes que d’hommes, mais les femmes aussi deviennent adhérentes et réparent elles-mêmes leur voiture. Il y avait même une technicienne permanente pendant un temps », évoque Alex Nikolic. 
« Le truc un peu répandu, c’est que la mécanique, ce serait un truc d’hommes et de force. On fait de la mécanique pas avec nos muscles, mais avec notre cerveau », ajoute Aurélien Struve. 
 

Après le démontage, le remontage 

Après un repas bien copieux, poulet, pommes de terre, légumes et fromages, il faut se remettre au travail et mettre les nouveaux disques et les nouvelles plaquettes. Il faut refaire tout dans le sens inverse. Une chose que je n’avais pas anticipée : les disques que j’ai achetés n’étaient pas les bons. Il fallait des disques ventilés. C'est parti pour un retour au magasin et faire un échange. 
Retour à l’atelier, avec Aurélien nous pouvons nous remettre au travail : nettoyage des disques neufs, freins filés, plaquettes, etc. 
Après tout ce remontage, il faut vérifier que tout fonctionne correctement. Aurélien prend le volant et nous faisons un petit tour du pâté de maisons. 

Verdict : les freins fonctionnent très bien et la Twingo est repartie pour 60 000 km. On ressent une grande fierté à avoir entretenu soi-même sa voiture. Même si Aurélien était là pour me conseiller, j’ai pu me débrouiller toute seule. La vidange, changer le filtre à air, changer des pneus, et d’autres choses encore, c’est possible de le faire soi-même lorsqu’on est accompagné par des professionnels. 
 

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