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Jean-Jack Queyranne : "la grande région, ce n'est pas un moins, ça doit être des plus !"

Jean-Jack Queyranne, actuel président de la région Rhône-Alpes et candidat socialiste aux Régionales de décembre 2015 était l'invité du journal de France 3 Auvergne le 3 juin. Il explique comment la fusion avec l'Auvergne se prépare et il se veut rassurant sur ses conséquences. 
Jean-Jack Queyranne
Jean-Jack Queyranne © France 3
Invité du journal de France 3 Auvergne à 19 heures, le 3 juin, Jean-Jack Queyranne, actuel président de la région Rhône-Alpes et candidat socialiste aux Régionales de décembre 2015 répondait aux questions de Pierre-Olivier Belle.

Par ordre de priorité quels sont pour vous les plus grands dossiers à traiter ?
Dans les plus grands dossiers, il y a d’abord les transports : il faut améliorer la liaison entre Clermont et Lyon. Je peux annoncer qu’il y aura un train direct dès le service d’hiver, c’est-à-dire à la fin du mois de décembre qui assurera  Lyon-Clermont  en 2h11, cela améliorera les conditions de transport. Il y a également un travail sur la ligne Saint-Etienne- Clermont qui passe par Noirétable et Thiers.

Ça, c’est pour le TER mais suite au rapport Duron qui établit que les trains intercités devront être payés par les régions,  vous avez dit que vous payerez la facture….
Non,  je n’ai pas dit que nous payerons, j’ai dit que nous serons vigilants  en particulier  pour le maintien des lignes importantes.  Par exemple le Clermont- Béziers qui passe par Saint-Chély- d’Apcher,    là il y a une activité économique et une grande crainte. Il y a aussi la ligne Clermont-Nîmes, le Cévenol, qui est un train important.

Laurent Wauquiez, votre adversaire des Républicains pour les régionales,  dit qu’il y a des retards réguliers, de l’insécurité dans les TER, que les  travaux effectués sont ineptes. Que lui répondez-vous ?
Il connaît mal le dossier, Laurent Wauquiez est un adepte du TGV,  on le voit beaucoup entre  Paris-Lyon et Le Puy-en-Velay… Il a d’autres ambitions nationales,  il est dans l’état-major de Sarkozy. Il connaît mal le dossier des TER et  les investissements que nous avons faits, notamment matériels,  sur les voies, les infrastructures entre la région Auvergne et la région  Rhône-Alpes .  C’est important : on a pu voir en 2004 que les TER étaient quasiment abandonnés,  et aujourd’hui ils continuent et leur fréquentation  a doublé.


Autre question autour de cette fusion : les intercommunalités, les compétences, qui va faire quoi ? Quel est selon vous le bon nombre d’habitants pour une intercommunalité ?
Il faut une règle qui permette une bonne taille mais faisant  des cas particuliers pour les territoires où il y a moins d’habitants et ou les intercommunalités ne doivent pas obliger à faire des territoires  de 80 ou 100 kilomètres.   J’espère que la sagesse va l’emporter. 
En chiffres, il faut donc partir sur 20 000 habitants  mais avec des exceptions notamment pour les territoires de montagne, comme il y en a en  Auvergne et Rhône- Alpes.

On a parlé des compétences renforcées notamment le tourisme.  Dans quels axes allez-vous travaillé si vous êtes élu ?
L’économie et la formation  sont des grands rôles des régions et ça va ensemble puisque la formation prépare à l’emploi. Dès à présent nous avons décidé que les apprentis auraient les mêmes avantages, et le même statut qu’ils soient Auvergnats ou Rhône-Alpins, donc égalité des droits.
Nous allons aussi mettre l’accent sur le développement économique et sur l’innovation. L’Auvergne est une région innovante . Le 4 juin, je vais visiter Limagrain,   ce mercredi matin j’étais au Salon des Entrepreneurs à Lyon. Et pour la Frenchtech,  les nouvelles technologies,  on trouvait Clermont, Lyon, Annecy,  Saint-Etienne et Grenoble… Ca veut dire que déjà le mouvement est en cours.

Je fais d’ailleurs annonce que  nous aurons le 29 juin prochain une séance du conseil régional conjointe, simultanée  en Auvergne et Rhône-Alpes.  Nous pourrons dialoguer par les moyens modernes de communication.

En ce qui concerne les fonctionnaires territoriaux,  combien devront bouger à l’intérieur de la grande région?
Je crois qu’ils ne bougeront pas , ni les fonctionnaires qui travaillent pour l’Etat ni les fonctionnaires qui travaillent pour la région.  Simplement les fonctions,  les rôles seront redistribués.  J’ai insisté pour qu’il y ait 3 rectorats maintenus :  Clermont,  Lyon et Grenoble.   A un moment, le rectorat de Clermont était menacé.

Est-ce que par exemple la direction régionale agricole pourrait devenir une direction principale à Clermont ?
Oui.  Les directions principales à Clermont,  ça me paraît une bonne chose, c’est la  reconnaissance de  la place de l’Auvergne.  Sur le tourisme, la marque Auvergne sera  préservée,  il ne s’agit pas d’une absorption.
Cet après-midi, j’étais au CREPS de Vichy, le centre sportif de formation, nous avons vu comment le CREPS serait  maintenu dans un réseau très fort. Il pourrait être renforcé dans le secteur de la santé. La région Auvergne- Rhône- Alpes compte 2 millions de licenciés sportifs, il faut qu’on soit présents là,  et dans l’Ardèche, à  Vallon Pont d’Arc, pour le sport d’eau, à  Voiron pour les sports collectifs et pour l’alpinisme à Chamonix et Albertville.
La grande région, il faut en tirer des avantages, ce n’est pas un moins, ça doit être des  plus !
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