Cette commune du Pays basque traverse une crise démocratique depuis octobre 2022 avec la démission de 17 conseillers municipaux qui a entraîné la tenue de nouvelles élections. Une première liste appelée Hats Berri et menée par un membre du mouvement abertzale, a été présentée ce mercredi 4 janvier 2023.

Du rififi politique en perspective. Saint-Pée-sur-Nivelle vit un épisode inédit depuis une vague de démissions amorcée en octobre dernier et qui engendre la tenue de nouvelles élections municipales. Et la remise en question du maire actuel Dominique Idiart, élu en 2020.

Trois listes en lice

Cette vague de démissions a contraint la préfecture des Pyrénées-Atlantiques à convoquer de nouvelles élections municipales. Les dates sont connues : les 19 et 26 février.

Trois listes devraient s'affronter, comme en 2020. La première de ces listes sera "Hats Berri, Nouvel élan", menée par Christophe Jaureguy. Avec lui, 23 personnes de la société civile, dont les dix élus de la majorité qui avaient démissionné. 
Christophe Jauréguy, ancien adjoint en charge des travaux est issu du groupe de gauche abertzale "Senpere bai". Pour autant, sa nouvelle liste se veut ouverte et "sans affiliation politique".

Sa volonté : "apporter un renouveau dans la gestion de la commune, amener plus de sérénité", et proposer un projet "global" en concertation avec les Senpertar, "qui ne se limitera pas à un seul mandat". Selon lui, la commune accuse un déficit en terme d’équipements, alors que la population grandit rapidement. Le programme sera détaillé début février.

Deux autres listes devraient se présenter : l’une menée par le maire Dominique Idiart, qui va se représenter, et celle portée par l’opposition. Si son nom a été un temps évoqué, Pierre-Marie Nousbaum, l’ancien maire, déchu en 2020, ne reviendra pas dans la course.

Pourquoi de nouvelles élections ?

En cause, des divisions au sein de la majorité. En octobre dernier, cinq élus ont quitté leur poste, reprochant au maire, entre autres, "un manque de concertation". Quelques jours plus tard, ce sont les cinq élus abertzale, avec qui Dominique Idiart avaient fait alliance en 2020, qui claquent la porte.
Début décembre, les sept élus d’opposition annoncent à leur tour avoir remis leurs démissions, fustigeant une "situation intenable".

Au total, 17 personnes sur 29 membres qui forment le conseil, sont parties. Or, le quorum, c'est-à-dire le nombre de conseillers municipaux devant être effectivement présents lors de l'approbation des délibérations, doit être supérieur à la moitié du nombre de conseillers en exercice.

Le quorum des deux tiers n’étant plus atteint, comme l’exige la loi, les Senpertar (habitants de Saint-Pée-sur-Nivelle) devront retourner aux urnes.

La situation est devenue très compliquée. Joint par les journalistes de France 3 Euskal Herri, Dominique Idiart assure qu'il est en mesure de rassembler suffisamment de personnes autour de lui pour présenter une nouvelle liste.

La date de dépôt des listes est fixée le 30 janvier par la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.