"On ne mérite pas cette vie", des sans-abri à la rue après la fermeture d'un gymnase à Clermont-Ferrand

Ouvert il y a une semaine aux sans-abri dans le cadre du plan grand froid, le gymnase des Landais, à Clermont-Ferrand, ne rouvrira pas ses portes ce soir. Une décision de la part de la préfecture qui scandalise les différentes associations du département.

Le couperet est tombé ce matin : le gymnase des Landais, à Clermont-Ferrand, ouvert la semaine dernière en tant qu'hébergement d'urgence, a fermé ses portes ce mercredi 17 janvier au matin. En cause, la hausse des températures. Il est 10 heures quand tous les sans-abri doivent quitter le gymnase, sans qu’aucune solution ne soit proposée. Et ce soir, personne ne pourra revenir dormir ici : décision du préfet.

"Quand on nous a dit qu’ils fermaient le gymnase, on a pleuré"

Et devant ce lieu d’hébergement temporaire, le désarroi est total. "On ne sait vraiment pas comment on va faire. On va marcher dans la rue pour trouver un endroit où dormir. Tout ça, dans le froid, sous la pluie, témoigne l’un des bénéficiaires. Quand on nous a dit qu’ils fermaient le gymnase, on a pleuré." Si certains ont trouvé refuge dans des familles d’accueil, un groupe de jeunes mineurs ira dormir à la gare, comme ils ont l’habitude de faire, malgré des antécédents d’agression.

"On est entre nous, on se connaît, on blague, ça nous aide. C’est mieux que d’être tout seul."

Un mineur non accompagné

Parmi les 40 bénéficiaires du gymnase, certains sont malades. Alors l’idée de devoir à nouveau dormir dans la rue passe mal. "Ça m’agace beaucoup. Je suis asthmatique et ce soir, je ne sais pas où aller. Il faut qu’ils trouvent une solution pour nous. On est des enfants, on n’est pas des adultes, on ne mérite pas cette vie."

Les associations dénoncent une "politique du thermomètre"

Une décision qui ne manque pas de faire réagir les associations du département. Dès lors qu’ils ont pris connaissance de cette décision, ils ont organisé une conférence de presse pour alerter sur la situation. Secours catholique, Secours populaire, Cimade et restos du cœur réagissent main dans la main. "On s’occupe des mêmes personnes, avec une philosophie et un système différent –personne n’y perdra son âme - mais maintenant, on est prêt à travailler ensemble", souligne Bruno Riche, président des Restos du cœur 63.

Tous, sont d’accord pour dénoncer cette "politique du thermomètre". "Comme les températures remontent un petit peu, on ferme ce gymnase. Dans deux jours, ça va baisser à nouveau, donc on va le rouvrir", s’insurge Adrien Thépot, secrétaire général du Secours populaire 63.

"En attendant, les familles sont ballotées et c’est vers nous, associations, qu’elles se tournent pour essayer de trouver une solution."

Adrien Thépot, secrétaire général du Secours populaire 63.

S’il était soulagé de voir qu’un dispositif ait été ouvert juste avant les températures négatives, le secrétaire général se dit être vraiment déçu de voir que le gymnase ferme. "On demande simplement que ces personnes soient mises à l'abri de manière durable. Même si le gymnase n’est pas une solution durable, a minima, il faut qu’ils aient un toit au-dessus de la tête et qu’on les maintienne sur un dispositif de mise à l’abri, tout l’hiver", poursuit Adrien Thépot.

"On ne peut pas laisser des gens dormir dehors"

De son côté, le président des Restos du cœur 63 juge cette décision de la préfecture "incompréhensible". "L’État a imposé au privé de ne pas mettre les gens dehors durant l’hiver, et l’État fait exactement le contraire. C’est une catastrophe, martèle-t-il. C’est sûr que l’on n’arrivera pas à résoudre tout ça avant la fin de l’hiver. Mais au moins qu’on puisse apporter une situation claire, saine et pérenne pour la partie hivernale." 

"On ne peut pas, dans notre société, laisser des gens dormir dehors."

Bruno Riche, président des Restos du cœur 63.

Sollicitée, la préfecture n'a pas donné suite à notre demande. Les collectifs, eux, se disent prêts à discuter avec elle pour tenter de trouver une solution pérenne.

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