PHOTOS. Admirez les plus belles mers de nuages d’Auvergne

Plusieurs centaines de clichés pris en 6 ans : pour Patrice Villemejane, photographe, l’Auvergne est belle, surtout sous les nuages. Tributaire de la météo, il parcourt les sommets du Massif Central pour photographier les cieux cotonneux. Voici quelques-uns de ses clichés.

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Comme certains chassent les orages, Patrice Villemejane chasse les mers de nuages. Cet Auvergnat de 33 ans s’est pris de passion pour les mers de nuages il y a déjà plusieurs années : « Historiquement, je fais de la photo amateur. Je faisais des paysages assez classiques. Il y a six ans, j’ai découvert ce phénomène de mer de nuages, à en faire de plus en plus. Maintenant, c’est devenu une habitude. Je peux faire deux à trois sorties par semaine pour prendre des photos quand les conditions météorologiques sont là. Je me suis retrouvé avec 400 à 500 clichés de mers de nuages en Auvergne et j’ai décidé d’en faire quelque chose. »

Face à toutes ces photos, il décide alors de les montrer : « Il y en a énormément. Je me suis spécialisé là-dedans et j’ai décidé de faire cette exposition qui, pour l’instant, est à Orcival (près de Clermont-Ferrand, NDLR) et qui, je l’espère, va tourner dans d’autres lieux par la suite ». Toutes ces mers de nuages sont capturées sur papier glacé en Auvergne, explique Patrice Villemejane : « Les mers de nuages sont photographiées exclusivement en Auvergne, tout simplement parce que c’est difficile à prévoir et qu’il faut être sur place pour en profiter du jour au lendemain. Mon site et mon blog sont sur tout le Massif Central avec une préférence et une habitude en Auvergne : Chaîne des Puys, Sancy, Cantal, Cézallier et Forez, entre autres. »

Mais alors, d’où vient ce phénomène ? Un prévisionniste de Météo France explique : « Quand on est en altitude, on a des couches de nuages bas de type stratus. Quand on passe au-dessus de cette couche de nuages, on voit le sommet de la couche de nuage qui est très uniforme et qui donne l’impression d’une mer. Cette couche de nuage bas correspond souvent à une inversion thermique. La température du sol est plus froide et se réchauffe quand on monte en altitude. Normalement c’est l’inverse, quand on monte, la température descend. Ça arrive souvent dans les situations anticycloniques où on a par exemple des gelées en plaine mais pas à 1 200 mètres. Dans ces conditions, quand on de l’humidité, se forme une couche de nuages bas dont le sommet correspond à l’inversion thermique. » Par exemple, au-dessus du Plomb du Cantal, la mer de nuages offre un spectacle à couper le souffle, partagé par un internaute sur les réseaux sociaux :

Patrice Villemejane a été gâté : cette année, les mers de nuages ont été nombreuses : « Ca dépend des années. Là, on est sur un hiver qui est vraiment exceptionnel pour les mers de nuages. Elles arrivent généralement en automne ou en hiver. Cette année, on a beaucoup de chance mais sinon c’est beaucoup plus variable. Ce qui est très variable dans la mer de nuages, c’est son altitude. Des fois, elle va être à 1 000 ou 1 200 mètres, des fois elle va être à 1 800 ou 2 000 mètres et on sera en-dessous. Ça fait un mois et demi qu’on est dans des situations anticycloniques qui font qu’on a des mers de nuages presque toutes les semaines. C’est quand même assez rare qu’il y en ait autant. »

En effet, selon le prévisionniste de Météo France, le phénomène n’est pas fréquent : « Sur le Massif Central, ça arrive, mais on voit surtout ça dans les Alpes. Par exemple, on a une inversion aujourd’hui sur le Puy-de-Dôme. On a des températures à 1 200 mètres qui sont supérieures à 0°C ce matin, alors qu’on avait jusqu’à -6°C à Ambert. S’il y a de l’humidité, il peut se former des stratus ou des brouillards. »

Mais il rassure, pas besoin d’attendre ces conditions climatiques très précises pour profiter de ce beau spectacle : « Une mer de nuages n’est pas nécessairement associée à ce genre de phénomènes, mais c’est la situation la plus fréquente. Quand on est à Clermont-Ferrand par exemple et qu’on s’élève sur la Chaîne des Puys, c’est sans doute assez impressionnant ». Pour être impressionné, voici quelques beaux points de vue conseillés par Patrice Villemejane : « Il y a plein d’endroits que j’aime bien. Pour moi, il y en a un qui est assez facile et qui a bien fonctionné ces deux derniers mois, c’est le puy de Combegrasse, à côté d’Aydat. Il y a le puy de l’Ouire, au-dessus du lac de Guéry. Là, c’est plutôt côté Sancy. Après, on a le puy de la Tache et le puy de l’Angle qui permettent d’observer les mers de nuages au cœur du Sancy et d’être assez haut. » Entre terre et mer, il nous fait voyager à travers ses images de nuages jusqu'au 27 avril à l'occasion de son exposition à Orcival.