Pourquoi Alexandre Lapandry a déposé 4 plaintes visant l’ASM Clermont Auvergne

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Écrit par S.B avec Jean-Luc Roussilhe

Licencié il y a quelques jours pour inaptitude, l’ancien joueur de l’ASM Clermont Auvergne Alexandre Lapandry a déposé 4 plaintes, visant le club. Selon son avocat, il reproche à son employeur des « infractions » suite à son AVC.

L’ancien joueur de l’ASM Clermont Auvergne Alexandre Lapandry a déposé 4 plaintes concernant le club, a-t-on appris lundi 5 décembre dans le journal L’Equipe. Selon son avocat, les faits dénoncés auraient débuté en 2020. Suite à un match face au Stade Français, le joueur est victime d’une commotion cérébrale. Quelques semaines plus tard, une IRM révèle un AVC alors que le joueur en arrêt de travail a repris l’entraînement : « Il a déposé plainte pour que son affaire ne reste pas impunie. Il voulait parler publiquement aux supporters pour que les gens sachent ce qu’il avait vécu depuis 2 ans. Lorsque nous avons évoqué les différents aspects de son dossier, nous avons convenu qu’il y avait un certain nombre d’infractions qui ont été commises selon nous par l’ASM », explique son avocat, Me Jean-Hubert Portejoie.

"On reproche au staff médical de ne pas avoir pris les devants pour des examens médicaux approfondis"

Au total, Alexandre Lapandry a déposé 4 plaintes contre X, pour « mise en danger de la vie d’autrui et blessures involontaires », pour « violation de l’employeur à son obligation de sécurité et de résultat », « violences psychologiques et harcèlement » et enfin « faux en écriture ». La première concerne la période entre octobre 2020, lors du match contre le Stade Français, et décembre 2020 lors de la découverte de l’AVC : « Pendant ces 2 mois et demi, on tâtonne. Alexandre Lapandry se plaint au staff médical de l’ASM de symptômes lourds et on reproche au staff médical de ne pas avoir pris les devants pour des examens médicaux approfondis », indique Maître Portejoie.

Une parole "libre"

La 2ème plainte concerne la période suivant la découverte de l’AVC jusqu’au moment où le joueur quitte le club : « On attendait d’un employeur comme l’ASM qu’il soit auprès d’Alexandre Lapandry, pour l’accompagner et le suivre médicalement. Or, c’est tout l’inverse qui s’est produit. Alexandre Lapandry a eu le sentiment d’être complètement oublié du staff. On a même tenté, selon lui, de le faire démissionner avant son licenciement pour inaptitude. C’est cela qu’il entend dénoncer », explique l’avocat. Selon lui, Alexandre Lapandry aurait également attendu du président du club une réaction différente : « Il aurait aimé un président qui soit proche de lui, qui prenne de ses nouvelles et qui l’associe encore au club. En réalité, pendant 2 ans, Alexandre Lapandry a été complètement oublié de son employeur. Il s’est tu jusqu’à son licenciement. Aujourd’hui, sa parole est libre. »

"L'ASM Clermont Auvergne ne saurait voir sa responsabilité engagée à quelque titre que ce soit"

Dans un communiqué officiel, le club réagit : « A l’heure où nous parlons, nous n’avons aucune confirmation officielle concernant ces dépôts de plainte et par conséquent nous n’avons évidemment pas accès au contenu de ces plaintes. Il nous est donc impossible, matériellement, de répondre à ces mises en causes. Pour le moment, le club est donc convoqué sur la scène médiatique pour apporter publiquement des réponses à des accusations très graves dont elle ne connaît même pas le contenu ! Cette stratégie médiatique est fréquemment utilisée dans les affaires pénales, mais elle reste profondément choquante, dans la mesure où la Justice n’a pas encore commencé son travail. La seule réponse que nous apportons aujourd’hui est que l’ASM Clermont Auvergne ne saurait voir sa responsabilité engagée à quelque titre que ce soit, n’ayant pas commis la moindre faute. » Il appartient désormais au parquet de Clermont-Ferrand de décider des suites judiciaires de ces plaintes.

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