Précarité étudiante : à Clermont-Ferrand les actions se multiplient

Ce mardi 26 novembre, Thibaud Mazzia, président de la FedEA (Fédération des Etudiants d'Auvergne) s'est improvisé en homme-sandwich dans le hall de sa Faculté pour que les étudiants y inscrivent le montant de ce qu'il leur reste pour vivre en cette fin de mois. / © Richard Beaune
Ce mardi 26 novembre, Thibaud Mazzia, président de la FedEA (Fédération des Etudiants d'Auvergne) s'est improvisé en homme-sandwich dans le hall de sa Faculté pour que les étudiants y inscrivent le montant de ce qu'il leur reste pour vivre en cette fin de mois. / © Richard Beaune

A Clermont-Ferrand comme ailleurs, les étudiants se mobilisent pour dénoncer et lutter contre la précarité. Plusieurs actions sont menées depuis la tentative de suicide d’un étudiant à Lyon le 8 novembre dernier.
 

Par Richard Beaune

Dans le hall de la Faculté de Médecine et de Pharmacie où il est étudiant, Thibaud s’est improvisé homme-sandwich. Des deux côtés de son corps, il invite les étudiants qui passent à noter le montant de leur solde en cette fin de mois. Nous sommes le 26 novembre, si ce solde est positif, les étudiants doivent écrire en vert sur l’homme sandwich. Si c’est négatif, le marqueur rouge est de mise.

A la fin du mois, beaucoup d'étudiants dans le rouge

Sur le tableau, les chiffres rouges font pâlir : certains étudiants se retrouvent avec des découverts allant jusqu’à plus de 1000 euros. Thibaud Mazzia est étudiant dans cette faculté et président de la Fédération des étudiants d’Auvergne. Il vit avec 500 euros par mois. Ses parents l’aident pour le loyer qu’il n’a pas à payer. Ces 500 euros lui permettent de s’alimenter, de payer son essence et le reste pour ses loisirs. Ce mois-ci, il le termine avec un petit découvert d’une vingtaine d’euros. Il sera le premier à écrire en rouge sur le tableau.

46% des étudiants ont un job pour s'en sortir

Pour s’en sortir, certains étudiants attendent avec impatience leur anniversaire ou Noël pour renflouer les caisses comme Thibaud. Mais pour d’autres, pas le choix : ils doivent se trouver un job. Selon l’enquête nationale des conditions de vies des étudiants réalisée en 2016 par l’observatoire National de la vie étudiante (OVE) auprès de plus de 60 000 étudiants, il ressort que 30,9% des étudiant-e-s ne reçoivent aucune aide financière de leur famille. 46% des étudiants interrogés ont eu une activité rémunérée et plus de la moitié d’entre eux exerçaient une activité qui n’a rien à voir ou est même concurrente aux études. Résultat pour ces très jeunes travailleurs, c’est l’échec scolaire.

Le 12 novembre dernier, la FedEA a fait 11 propositions permettant de lutter contre le mal-être étudiant et la précarité auprès du rectorat de Clermont-Ferrand. Tout y passe : réforme du système de bourse, logements, ticket restaurant… Pour Thibaud Mazzia, beaucoup d’étudiants ne connaissent même pas les aides déjà existantes du Crous dont ils pourraient bénéficier.
 


Anna Mendez, de l’UNEF, pointe du doigt le problème de logements des étudiants. Selon elle le calcul est vite fait puisqu’il y a un peu plus de 35000 étudiants à Clermont-Ferrand et environ 4000 logements à tarification sociale. A Clermont-Ferrand aussi, des étudiants vivent dans la rue. Et les gouvernements successifs n’ont fait qu’aggraver la situation selon la présidente de l’UNEF de Clermont-Ferrand. Le 3 décembre prochain, un rassemblement est prévu à 9h30 devant la maison universitaire du Crous pour protester contre les loyers de logements étudiants qui sont sur le point d’augmenter.
 

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