Près de Clermont-Ferrand, des habitants dénoncent une exposition excessive aux antennes de téléphonie mobile

A Beaumont, près de Clermont-Ferrand, des habitants dénoncent leur exposition aux ondes des antennes-relais. Après mesure, elle se situe dans les limites légales mais elle est beaucoup plus élevée que la moyenne. L'Agence Nationale des Fréquences va demander aux opérateurs d'agir.
Jean-François Maume a investi dans des panneaux en aluminium pour se protéger.
Jean-François Maume a investi dans des panneaux en aluminium pour se protéger. © Camille Da Silva - France 3 Auvergne
A Beaumont, près de Clermont-Ferrand, des habitants du centre-bourg se plaignent de maux de tête, d’insomnies, de fatigue ou de stress. "C'est surtout un problème de sommeil et de maux de tête." explique Jean-François Maume. "On se leve le matin sans avoir l'impression de s'être reposé. Il est difficile pour moi de dormir plus d'une heure, une heure et demie. Je me réveille plusieurs fois dans la nuit et j'ai beaucoup de mal à me rendormir."

Pour eux, pas de doute : la cause se situe sur les toits dans les ondes émises par les trois antennes de téléphonie mobile qui dominent le bourg. "Je n'avais pas suspecté les antennes jusqu'à ce que ma compagne arrive. Elle m'a signalé tout de suite des maux de tête dans le bureau qui est aménagé au dessus. Elle a senti tout de suite l'impact." "C'est invivable" explique Jean-François Maume qui a installé des panneaux en aluminium pour tenter de se protéger.

Une mesure à 7,95 V/m

Pour en avoir le coeur net, ces habitants ont demandé à l'ANFR (l'Agence Nationale des Fréquences) de faire des mesures (tout citoyen peut le faire ici). En mars dernier, ces experts sont venus et ils ont pu établir un niveau d'exposition de 7,95 V/m.

D'un point de vue légal, cette valeur se situe en dessous des seuils maximum autorisés (fixés entre 28 et 61 V/m selon les fréquences). Pour autant, à 7,95 V/m, la mesure faite à Beaumont se situe très au-dessus des valeurs moyennes mesurées en France. En zone urbaine, elles se situent habituellement en dessous de 1 V/m.

Un "point atypique"

Pour l'ANFR, cette mesure fait de cette habitation "un lieu atypique". C'est ainsi que l'agence appelle les lieux habités ou recevant du public où l'on relève des valeurs supérieures à 6V/m. Elle en a recensé une trentaine en 2019 et autant en 2018.  Lorsqu'elle en a connaissance, l'ANFR contacte les opérateurs pour tenter de faire baisser l'exposition, soit en déplaçant les antennes, soit en réduisant leur puissance.

Contacté, Orange nous a indiqué que ses ingénieurs n'avaient pas encore reçu le rapport de l'ANFR, mais que dès réception, ils "mettraient en oeuvre les actions pour passer sous les 6 V/m." Bouygues Telecom dit vouloir suivre le même chemin.
 

Notre objectif, c'est qu'on revienne à des valeurs tolérables.

Jean-Paul Cuzin, maire de Beaumont (Puy-de-Dôme)

Le maire de Beaumont Jean-Paul Cuzin (DVC), plaide pour trouver une solution concertée au plus vite. "Notre objectif, c'est qu'on revienne à des valeurs tolérables, que l'on regarde si ces antennes peuvent être éloignées des habitations et d'une manière plus générale sur la commune, de mettre en place un moratoire avec l'ensemble des opérateurs pour éviter ce type de situation qui n'est pas tolérable."

Très engagé sur ces dossiers, le président de l'association "Ondes Citoyennes", Guy Cautenet, voudrait aller beaucoup plus loin. "Les normes françaises considèrent qu'entre 28 V/m et 61 V/m, on ne risque rien. Les normes françaises sont infiniment plus élevées que celles d'autres pays." Et de plaider pour un abaissement à 0,6 V/m, limite, selon lui, à laquelle apparaissent les premiers dangers pour la santé.
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